Tennis. Rolad-Garros - Iga Swiatek : “Mon corps n’arrivait pas à faire les bonnes choses”
Par Sebastien CLAUDE le 31/05/2026 à 16:23
Iga Swiatek a sombré. Ce dimanche, la numéro 3 mondiale s'est inclinée 7-5, 6-1 face à Marta Kostyuk en huitième de finale de Roland-Garros. Après un premier set accroché, où la Polonaise a un temps été en tête, la quadruple lauréate de Roland-Garros a complètement coulé dans la seconde manche et a concédé les six derniers jeux de la rencontre. Lors de son passage en conférence de presse, Iga Swiatek a notamment été interrogée sur sa gestion de la défaite, elle qui n'a pas encore remporté le moindre titre en 2026, et sa projection sur la suite de la saison.
Vidéo - Iga Swiatek après sa défaite en huitième de finale de Roland-Garros
Retrouvez ICI le tableau du simple Dames de Roland-Garros 2026
Retrouvez ICI le tableau du simple Messieurs de Roland-Garros 2026
"J'ai perdu le contrôle pendant le match"
Résultat difficile aujourd'hui. Peux-tu nous parler de ce match ?
De toute évidence, ce n'était pas un bon jour. J'aurais pu gérer un peu mieux, mais c'était très difficile aujourd'hui pour moi de maintenir le niveau de tennis que je voulais avoir et, de toute évidence, à ce stade, toutes les adversaires qui sont à ce niveau vont saisir toutes les opportunités. Donc je la félicite.
Personne n'aime perdre, notamment quand on est une championne, qu'on a gagné le tournoi quatre fois, mais tout le monde réagit différemment. J'aimerais savoir si tu acceptes maintenant les défaites de manière différente que par le passé : est-ce que quelque chose a changé dans ton ressenti ? Est-ce que ça t'embête plus, moins ?
J'ai le sentiment que ça m'ennuie encore plus. Mais ça a toujours beaucoup compté pour moi. Parfois, il y a des échecs qui sont difficiles à assumer, parce qu'on n'a pas bien joué ou parce que son adversaire était nettement meilleur. Mais aujourd'hui, j'ai le sentiment que j'aurais pu mieux jouer, mais je n'y suis pas parvenue. J'ai fait tout ce que j'avais en moi pour faire face, mais c'était dur et je ne peux rien y faire maintenant, si ce n'est en tirer les enseignements et travailler pour mieux faire la prochaine fois.
Match difficile, Iga, aujourd'hui. Les joueurs de tennis disent souvent que c’est plus facile d’encaisser une perte quand on perd différemment de ce qu’on perdait auparavant. Etant donné que tu te sens de toute évidence beaucoup plus à l’aise dans ton tennis et dans ta prise de décision, je me demande si l’échec d'aujourd'hui t’a semblé familier ou si tu t’es dit : « bon, j’ai encore à identifier des progrès à faire bien que j’ai perdu aujourd’hui » ?
Oui, j'ai perdu le contrôle pendant le match et je n'ai pas réussi à revenir, parce que je me sentais de pire en pire. Je n'arrivais pas à être positive. Et c'est différent de quand j'ai perdu contre Elina à Rome ou contre Andrea à Stuttgart. Ce n'est pas agréable. J'ai perdu parce que j'étais tendue et que mon corps ne faisait pas ce que je voulais. Mais ce n'est pas la première fois. Il faut que je travaille là-dessus. À dire vrai, pour moi, les pires échecs, c'est quand on a le match en main et que l'on prend des décisions stupides et que, à ce moment-là, l'adversaire revient, ou quand vous jouez du très mauvais tennis et que vous jouez plus mal que les autres joueurs. Aujourd'hui, j'ai perdu parce que Marta a saisi les occasions et que j'étais très tendue. Il faut que j'essaie de comprendre les raisons, les solutions – peut-être que ça va me prendre une semaine, un mois ou une saison –, mais je pense que je peux surmonter ce problème et ne plus me trouver désarçonnée aussi vite.
Tu vas jouer sur le gazon maintenant. L'an dernier, tu as très bien joué sur le gazon avec une très bonne saison, notamment à Bad Homburg. Est-ce qu'il y a des éléments que tu vas utiliser là-dessus ?
Je ne sais pas, je n’y ai pas pensé. Oui, l’an dernier, j’ai fait une super saison. Mais par le passé, j’avais eu aussi de mauvais résultats, ou en tout cas, peut-être pas mauvais mais pas bons. Donc ça dépend comment on regarde les choses. Je vais continuer à travailler là-dessus, être patiente et avoir l’humilité qu’il faut. Je ne sais pas comment les choses vont se passer.
Match difficile. Tu as tellement gagné pendant ta carrière et tellement gagné sur ce court, tellement vu de matchs sur ce court. Est-ce que tu arrives à analyser pourquoi, par exemple, ton coup droit n'a pas du tout fonctionné aujourd'hui ?
Eh bien, en fait, ce n'est pas une séance de thérapie – je vais dire les choses simplement –, mais il peut y avoir plein de raisons à cela. Mais je préfère travailler dessus par moi-même. Depuis un an, j'ai plus de mal à gérer le stress, et notamment le sommet de cela, ça a été aux États-Unis cette année. Et à ce moment-là, je fais des erreurs que je ne vais pas faire. Tout à coup, ce sentiment que j'avais ressenti là-bas est revenu, et il faut que je travaille là-dessus. Aujourd'hui, j'ai eu du mal. Tout est allé dans le mauvais sens et je jouais de pire en pire.
"J'ai des obligations après Roland-Garros"
Pas de chance pour aujourd'hui ! Est-ce que le service faisait partie de cette tension ? Parce qu'à partir de 4/3, tu n'as pas réussi à tenir pour le reste du match. Est-ce que tu penses qu'il faut changer de technique ou est-ce que tu dois accepter cela comme tel ? Est-ce que les choses sont compliquées pour ce coup ?
Oui, je n'arrive toujours pas à mettre le coup comme je voudrais. Donc, techniquement, il faut que je m'entraîne davantage et que je répète ce geste des centaines de fois jusqu'à ce qu'il aille bien. Mais le service, vous savez, c'est le coup le plus difficile. Donc, quand quelque chose se dérègle sous pression, à ce moment-là, je décentre tout, et c'est ce qui s'est passé.
La première semaine, tu as joué sous des températures brûlantes et donc, comme tu rejouais aujourd'hui, tu n'as pas pu t'entraîner dans des conditions plus fraîches. Est-ce que tu as été surprise par la manière dont la balle réagissait à la température ?
J'ai diminué la tension de la raquette, mais pour ce qui est de la balle, c'est difficile à dire. J'avais l'impression que ma main était plus lente – ce n'était pas tellement la température, mais mon ressenti à moi aujourd'hui. J'ai diminué la tension, mais c'est difficile à dire. En fait, quand vous vous sentez bien et que vous jouez bien, vous pouvez jouer avec n'importe quelle raquette. Donc je ne pense pas que c'est pour cela que j'ai perdu.
Est-ce que cette semaine qui va venir, tu vas la prendre comme un repos « bonus » ?
Il n'y a pas de bonus comme ça dans un tournoi.
Tu ne pensais pas que tu aurais tant de temps. Est-ce que tu vas l'utiliser pour te reposer, récupérer, ou plutôt traîner sur le gazon ?
De toute évidence, je vais me reposer. Mais il faut que je m'entraîne, il y a l'équipe. J’ai des obligations après Roland-Garros. Je vais aller m'entraîner sur le gazon ailleurs qu'en Pologne où il est difficile de trouver où s’entraîner sur gazon ; ça, c'est probable.
