Tennis. Haine en ligne - La WTA s'attaque aux parieurs qui harcèlent les joueuses
Par Alexandre HERCHEUX le 30/10/2026 à 13:54
Le harcèlement des joueuses reste un problème majeur sur le circuit féminin. Invitée du podcast Love All, présenté par Kim Clijsters et Blair Henley, mercredi 28 octobre, Lindsay Brandon, directrice de la protection et de l'intégrité à la WTA, a dévoilé les mesures prises pour lutter contre les comportements abusifs. Son service a déjà traité 114 dossiers en 2026, contre 78 sur l'ensemble de l'année 2025. Dans son viseur figurent notamment les parieurs qui s'en prennent aux joueuses après avoir perdu de l'argent.
"Les personnes à l'origine de ces abus sont en grande partie des parieurs en colère"
Au cours de cet entretien, Lindsay Brandon a notamment évoqué les attaques subies sur les réseaux sociaux par des joueuses comme Coco Gauff et Iva Jovic. "Les personnes à l'origine de ces abus sont en grande partie des parieurs en colère. Et ils ne parient pas uniquement sur le tennis, mais aussi sur d'autres sports", a-t-elle expliqué. Un constat appuyé par les chiffres officiels. Selon un rapport publié par la WTA en juillet, 42 % des messages abusifs identifiés en 2025 étaient liés aux paris sportifs, une proportion qui atteignait 59 % parmi les abus les plus graves.
Pour lutter contre ce phénomène, le tennis s'appuie désormais sur Threat Matrix, un dispositif de surveillance des réseaux sociaux, ainsi que sur le Bad Actor Program. Ce dernier permet aux opérateurs de paris partenaires d'identifier les utilisateurs responsables de messages abusifs et de leur interdire de miser. La plateforme Fanatics Sportsbook a notamment rejoint cette initiative. Au-delà du harcèlement numérique, Brandon a également évoqué les enquêtes concernant d'éventuels comportements abusifs dans l'entourage des joueuses. Les 114 dossiers traités en 2026 ne correspondent donc pas uniquement à des signalements de harcèlement en ligne, ni nécessairement à des faits établis. Leur augmentation peut aussi traduire une meilleure identification et une remontée plus fréquente des situations problématiques.
