Tennis. Handicap - Michaël Jérémiasz en colère : "J'appelle à la désobéissance civile"
Par Alexandre HERCHEUX le 10/10/2026 à 11:36
Champion paralympique en double à Pékin en 2008, quadruple médaillé aux Jeux et porte-drapeau de la délégation française à Rio en 2016, Michaël Jérémiasz s'est depuis longtemps engagé dans la défense des droits des personnes handicapées. Mais deux ans après Paris 2024, l'ancien joueur de tennis-fauteuil affiche une profonde déception. Invité de Sud Radio jeudi 8 octobre, à l'occasion de la sortie de son livre De la révolution à l'oubli : après la flamme, la promesse trahie, il a dénoncé ce qu'il considère comme une "trahison politique, médiatique, économique" après les Jeux.
Michael Jeremiasz dénonce le manque d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap et appelle à interpeller les politiques de façon "radicale" pour "vivre une vie épanouie, parce qu’on y a le droit aussi". Le champion paralympique de tennis fauteuil est au micro de @Ben_Duhamel ➡️ https://t.co/oAJoaD97qe
— France Inter (@franceinter) September 10, 2026
"J'appelle à la révolution, à la désobéissance civile, aux blocages, aux protestations"
L'ancien champion regrette notamment que la visibilité exceptionnelle offerte au parasport pendant l'événement n'ait pas débouché sur des engagements suffisamment concrets. À ses yeux, les personnes handicapées restent trop souvent écartées des débats publics, malgré les espoirs suscités par Paris 2024. Son constat le pousse aujourd'hui à réclamer un changement de méthode.
"Je crois historiquement qu'aucune minorité n'a réussi à obtenir ses droits sans faire sa révolution. Ça n'est jamais arrivé. On peut le regarder sur n'importe quelle minorité, ça ne s'est jamais fait du jour au lendemain en se disant : ''oui, ils nous ont envoyé un courrier, ils ont signé une pétition, ils ont signé une charte, on a eu un rendez-vous très constructif''. Non, ça n'arrive jamais comme ça. Donc oui, j'appelle à la révolution, à la désobéissance civile, aux blocages, aux protestations, aux manifestations, aux interruptions de séances, à l'Assemblée ou ailleurs. C'est-à-dire qu'en fait, c'est de ne plus laisser le choix."
