Tennis. Open d'Australie - Elina Svitolina : "C’est un gros défi de jouer la n°1 mondiale"
Elina Svitolina a dominé Coco Gauff 6-1, 6-2 ce mardi 27 janvier en quarts de finale de l’Open d’Australie 2026, au terme d’un match à sens unique sur la Rod Laver Arena. La joueuse ukrainienne (tête de série [12]) se qualifie ainsi pour la première fois de sa carrière en demi-finales à Melbourne, où l’attend Aryna Sabalenka [1]. Avec ce succès, la compagne de Gaël Monfils jouera sa quatrième demi-finale en Grand Chelem et retrouvera également le Top 10 lundi, pour la première fois depuis sa maternité !
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"Heureuse d’être enfin en demi-finales ici après tant d’années, tant de tentatives"
Elina, félicitations. Première demi-finale ici à l’Open d’Australie. Donnez-nous votre aperçu du match et de votre performance aujourd’hui.
Oui, c’était une bonne journée au bureau. Très, très satisfaite de la manière dont j’ai joué, pas seulement sur ce match, mais je pense sur le tournoi en général. Donc oui, je suis très contente. Et surtout heureuse d’être enfin en demi-finales ici après tant d’années, tant de tentatives. Oui, enfin en demies à Melbourne.
Quelles sont les émotions d’être en demi-finale et à une victoire de votre première finale ici ?
Pour être honnête, je ne me projette pas aussi loin. J’essaie de prendre le match comme il vient. Ce sera un autre gros défi. Bien sûr, je suis à un pas de la finale, mais pour moi, c’est important de me concentrer sur ma récupération, sur les aspects tactiques sur lesquels je dois travailler demain, et d’être prête pour un grand défi.
Quand vous voyez que votre adversaire ne vit pas sa meilleure journée, quelle est votre stratégie pour que tout continue à tourner en votre faveur ?
Ça ajoute forcément peut-être un peu de pression. C’est une bonne sensation et une mauvaise sensation en même temps, parce que vous sentez que vous avez une chance de bien jouer, une chance de gagner ce match, et vous devez continuer, vous devez continuer d’essayer de bien performer. Je pense que j’ai bien joué. Je pense que j’ai bien géré ça. Coco est une grande championne : elle est revenue plusieurs fois dans nos matches en étant menée d’un set. Moi, j’ai essayé de continuer à construire, de continuer à bien jouer, et d’être vraiment concentrée du début à la fin.
"C’est un gros défi de jouer la n°1 mondiale"
J’ai trouvé que vous aviez joué un tennis très audacieux aujourd’hui, en attaquant notamment avec le coup droit. Jouer plus agressif est un thème chez vous depuis quelques années : à quel point c’est naturel, aujourd’hui, de jouer comme ça dans un grand match ?
Là, c’est assez naturel pour moi. Je pense que depuis mon retour après la grossesse, pour moi ça a été surtout : essayer de trouver ces opportunités d’attaquer, et aussi ne pas me précipiter, parce que j’ai eu des matches où je me suis trop précipitée.
Donc c’est une question d’équilibre. Mais maintenant, pour moi, il s’agit surtout de bien bouger les pieds, de repérer les petites opportunités pour prendre l’initiative, et d’essayer de frapper en premier. Je pense que parfois, à certains moments, je peux faire mieux. À d’autres moments, je peux tenir un peu plus. Donc oui.
Quels sont les défis quand on affronte la n°1 mondiale sur ce court ? Et comment comptez-vous l’empêcher de s’installer dans un rythme ?
Je ne suis pas sûre que je vais vous dire exactement maintenant ce que je vais faire (rires). Mais demain, je vais prendre le temps de parler avec mon coach de quelques aspects tactiques sur lesquels je dois travailler à l’entraînement. Et j’aurai aussi une journée pour récupérer physiquement. Même si le match a duré moins d’une heure, ça prend quand même beaucoup d’énergie. Donc ces deux choses seront ma priorité. Oui, c’est un gros défi, bien sûr, de jouer la n°1 mondiale.
Vous avez déjà de grandes réussites dans votre carrière, dont un titre au Masters de fin d’année. Pensez-vous être une meilleure joueuse aujourd’hui qu’il y a sept ou huit ans ?
Je dirais oui, mais maintenant j’ai aussi l’expérience des années précédentes. Bien sûr, je ne peux pas ne pas me donner du crédit pour ce que j’ai accompli il y a quelques années : gagner les WTA Finals, jouer contre de grandes joueuses à ce moment-là, jouer des demi-finales… pour moi, c’était déjà une grande réussite. Je pense que sans ces réussites, je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui. J’ai l’impression que, maintenant, il s’agit de trouver de nouvelles façons de gagner. Il y a tellement de jeunes joueuses, tellement de joueuses agressives : si vous n’êtes pas à votre meilleur, elles vous prennent le match. Donc vous devez faire évoluer votre jeu, vous devez être meilleure, vous devez chercher des solutions, trouver ce qui fonctionne pour vous. Pour moi, c’est essayer d’être meilleure chaque semaine, parce que l’évolution du tennis ne s’arrête pas. Il faut toujours continuer à chercher.
Quel effet ça fait de jouer Aryna Sabalenka ? Vous l’avez déjà affrontée plusieurs fois. Quelles sont ses armes ?
Bien sûr, ce n’est un secret pour personne : c’est une joueuse très puissante. J’ai regardé un peu son match aujourd’hui. Elle a joué un excellent tennis, et je pense que la puissance dans tous les compartiments de son jeu, c’est sa grande force. Je trouve qu’elle est très régulière depuis plusieurs années dans tout ce qu’elle fait sur le court. Moi, je vais devoir être prête pour ça, essayer de trouver des solutions, et de petites failles, de petites opportunités dans son jeu. Quand vous jouez les meilleures, il faut repérer ces petites opportunités et être prête à les saisir.
"Si je ne m’étais pas arrêtée, si j’avais continué à pousser l’an dernier, je pense que je ne serais pas arrivée ici"
Vous avez beaucoup parlé de la pause que vous avez prise l’an dernier pour vous “rafraîchir” mentalement. Est-ce que c’était une décision facile ou difficile ? Certains disent que c’est dur de s’éloigner du circuit parce qu’on a peur de perdre sa place et de ne pas revenir au même niveau. Pour vous, c’était facile à décider ?
Vous parlez de l’an dernier ? Oui, c’était une décision difficile d’un côté, mais j’en ai parlé avec mon équipe, avec Gaël, avec ma famille. On a trouvé aussi beaucoup de points positifs, parce que je l’ai déjà dit il y a quelques jours : si je ne m’étais pas arrêtée, si j’avais continué à pousser l’an dernier, je pense que je ne serais pas arrivée ici. J’aurais été épuisée, et je ne suis même pas sûre que j’aurais été sans blessure. Quand vous jouez au plus haut niveau, que vous vous poussez et que vous êtes “sur le fil”, c’est là que les blessures arrivent. C’est là que la tension est trop forte et que le corps lâche. Donc pour moi, c’était important de prendre du recul. Et je suis très heureuse de l’avoir fait. Bien sûr, maintenant c’est facile à dire parce que les résultats ont été bons, avec le titre à Auckland et mon niveau ici. Mais je pense vraiment que ça m’a aidée. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret d’avoir pris ce temps. Je ne sais pas comment je me sentirais si j’avais perdu au premier tour ou si j’avais mal joué, mais là, ça a marché pour moi.
Vous êtes-vous surprise par la vitesse à laquelle vous avez retrouvé votre niveau après cette pause ?
J’ai essayé de me faire confiance, et mon coach me dit toujours que je dois me faire confiance. Quand je suis fraîche, quand je suis prête mentalement à affronter des situations difficiles, alors je peux bien jouer. Je peux être dure sur le court. Peut-être pas gagner facilement contre certaines adversaires, mais je suis prête à aller chercher au fond, à me battre, à revenir quand c’est difficile aussi. Parce qu’au final, vous perdez quasiment chaque semaine, donc vous devez rebondir vite : il y a une autre semaine, un autre gros tournoi qui arrive. C’est pour ça que vous devez être fraîche mentalement, calme, comprendre ce que vous avez bien fait, ce que vous n’avez pas fait, analyser, puis retourner sur le court d’entraînement et vous redonner une chance de mieux jouer.
"Si je peux apporter un peu de lumière, même juste une petite bonne nouvelle, aux Ukrainiens"
Depuis la victoire, avez-vous pu regarder les messages de soutien venus de chez vous ?
Juste rapidement, parce qu’il y a eu énormément de messages. J’ai juste regardé vite, et j’ai vu qu’il y en avait beaucoup.
Bien sûr, pour mon pays, c’est important. Je sais que beaucoup de gens ont regardé, surtout les matches que j’ai joués avant. Pour moi, c’est très proche du cœur de voir autant de soutien des Ukrainiens, et de voir aussi que des gens découvrent le tennis en Ukraine, ce qui est super. Parce que, bien sûr, en ce moment… ça a été, je pense, l’un des hivers les plus difficiles pour les Ukrainiens, sans électricité et avec tout le reste. Donc si je peux apporter un peu de lumière, même juste une petite bonne nouvelle, aux Ukrainiens, à mes amis qui regardent mes matches… oui, bien sûr, c’est un super sentiment pour moi.

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