Tennis. Open d'Australie - Jannik Sinner et ses crampes : "J'ai eu de la chance"
Par Alexandre HERCHEUX le 24/01/2026 à 08:34
Jannik Sinner [2] a souffert, mais il est toujours là. Ce samedi 24 janvier à l’Open d’Australie, le double tenant du titre a dominé Eliot Spizzirri 4-6, 6-3, 6-4, 6-4 malgré des conditions extrêmes à Melbourne. Sur la journée la plus chaude du tournoi, avec des températures autour de 36°C, l’Italien a été touché par des crampes et a clairement traversé un long moment “sans jambes”. L’organisation a même activé le protocole chaleur, entraînant notamment la fermeture du toit sur Rod Laver Arena et des interruptions sur les courts extérieurs. Finalement, avec 56 coups gagnants, 51 fautes directes, et surtout une efficacité supérieure sur les points chauds (8 balles de break converties sur 11, Sinner a survécu et s'est offert une place en huitième de finale contre son compatriote Luciano Darderi.
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"J’ai commencé à avoir un peu des crampes au troisième set, puis avec le temps ça a doucement disparu"
Conditions difficiles aujourd’hui. En huitième, tu vas affronter quelqu’un qui s’est beaucoup entraîné avec toi pendant l’intersaison. Comment vois-tu ce prochain match ?
Oui, très heureux d’avoir gagné aujourd’hui. Évidemment, pour le prochain match, on va voir ce qui arrive. On ne s’est entraînés qu’une fois, donc ce n’est pas énorme. Mais je suis très content, tu sais, d’avoir au moins un Italien assuré d’être en quarts. Encore une fois, en Grand Chelem, c’est super. Donc oui, on va voir ce qui arrive.
Il faisait vraiment très chaud au début du match. Qu’est-ce que tu ressentais, et avec quoi tu devais composer physiquement ?
Oui, il faisait chaud aujourd’hui. J’ai commencé à avoir un peu des crampes au troisième set, puis avec le temps ça a doucement disparu. Je connais un peu mieux mon corps maintenant, avec l’expérience aussi, et j’essaie de mieux gérer certaines situations.
Et oui, j’ai eu de la chance aujourd’hui. Au moment où ils ont fermé le toit, ça prend un peu de temps. J’ai essayé de me relâcher un peu, ça m’a aidé. J’ai aussi changé un peu ma façon de jouer certains points. Ça m’a aidé aujourd’hui, c’est sûr.
"Cette nuit, je n’ai pas dormi comme je le voulais. La qualité du sommeil n’était pas parfaite. Peut-être que c’était ça"
Qu’est-ce qui, précisément, dans le jeu d’Eliot t’a posé problème aujourd’hui, et comment as-tu ajusté concrètement ?
J’ai eu l’impression qu’il bougeait très bien, surtout côté revers, en ratant à peine des balles. J’ai trouvé qu’il avait un excellent équilibre entre le moment où il devait tenter et celui où il devait assurer. Il se plaçait très bien autour de la balle. Ensuite, j’ai un peu changé le rythme et aussi un peu la vitesse, ce qui m’a permis d’entrer dans les échanges de différentes manières. Mais oui, super joueur. Il faut lui donner beaucoup de crédit : venir ici pour la première fois, jouer en Australie et à ce niveau, c’est très fort. Il a l’air d’être quelqu’un de bien. Je lui souhaite évidemment le meilleur.
Ça t’est arrivé plusieurs fois ces dernières années d’avoir des crampes dans ces conditions chaudes. Qu’as-tu fait pour mieux comprendre ça et t’y préparer ? Est-ce que ça se travaille pendant l’intersaison ? Est-ce que tu fais des stages dans des conditions chaudes ?
Oui, ça fait deux fois de suite qu’on va à Dubaï pour une raison, notamment pour les conditions météo. Cette année, il ne faisait pas aussi chaud que l’an dernier. Je pense que parfois il n’y a pas de vraie explication. Par exemple, cette nuit, je n’ai pas dormi comme je le voulais. La qualité du sommeil n’était pas parfaite. Peut-être que c’était ça ; peut-être pas. Quoi qu’il en soit, j’essaie d’être dans la meilleure forme possible chaque jour : récupération, tout dans la bonne direction. Ça peut arriver. Je connais un peu mieux mon corps maintenant. J’espère que ça va peu à peu disparaître, et c’était le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, la règle m’a aidé. J’ai aussi eu les dix minutes après le troisième set. Oui, donc j’essaie d’avoir un bon équilibre, et d’avoir la bonne manière de jouer contre lui m’a aidé aujourd’hui, c’est sûr.
En tant que roux à la peau claire qui a du mal avec la chaleur, est-ce un signe que ce sera toujours difficile pour toi, génétiquement, ou est-ce quelque chose que tu peux améliorer pour rattraper les autres ?
Non… on ne sait pas. Mais c’est sûr que, comme je l’ai dit avant le tournoi, physiquement je me sens bien. Mentalement aussi. La seule chose qu’on peut faire parfois, c’est se battre. On verra. C’est sûr que c’est un domaine dans lequel j’aimerais progresser. Il y a une raison pour laquelle je vais à la salle tous les jours : essayer de m’améliorer. Mais en même temps, chaque joueur a ses petits problèmes. Peut-être que celui-là, c’est le mien. On ne sait pas. Mais c’est sûr qu’il y a une marge de progression, et je suis certain qu’on fera tout ce qu’on peut pour s’améliorer de manière positive. Ensuite, on verra comment ça se passe.
"Je me suis allongé cinq minutes, en essayant de relâcher les muscles"
Tu as dit que tu pensais avoir eu de la chance aujourd’hui. Je me souviens que tu avais dit ça aussi après ton match contre Holger ici l’an dernier. Est-ce que tu crains que ta chance finisse par tourner ?
Je ne sais pas. Je suis quelqu’un qui met le tennis au plus haut niveau de priorité. Je sais que je fais ça depuis des années. Au fond de moi, je sais tout le travail que je fournis. Je me sens bien préparé, même si des problèmes peuvent potentiellement arriver sur le court. Bien sûr, il y aura des jours où tu ne trouves pas la solution. Tout ne va pas toujours dans ton sens. Mais avec un état d’esprit positif, il peut arriver plus de choses positives. Si tu es sur le court avec des pensées négatives, il y a plus de chances que des choses négatives arrivent. J’essaie de rester calme même dans un moment comme ça. S’il continue à jouer comme il jouait, et si moi je baisse un peu, peut-être que mon tournoi s’arrêtait aujourd’hui. Je ne sais pas. Honnêtement, je pense que c’est tout.
Que s’est-il passé concrètement pendant ces huit minutes quand tu es sorti du court au moment de la fermeture du toit ? Qu’est-ce que tu as fait pour récupérer ?
Oui, rien de spécial. J’étais seul. Il n’y avait pas de soin. On ne peut pas recevoir de soin à ce moment-là. Donc je me suis étiré. Je me suis allongé cinq minutes, en essayant de relâcher les muscles. Ça a très bien marché. J’ai essayé de faire redescendre un peu la température corporelle. C’est tout. Il n’y a pas beaucoup de choses que tu peux faire. Le temps est passé assez vite, mais ça m’a aidé, c’est sûr.
Pas de glace ou quelque chose comme ça ?
Non, non, non. Il y a une pièce à côté du court quand tu sors : il y a juste une table de soin, et c’est tout, donc…

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