Tennis. Roland-Garros - Zverev : "Pour être honnête, je suis un peu en état d'ébriété..."
Alexander Zverev est enfin titré en Grand Chelem. Ce dimanche, l'Allemand a dominé Flavio Cobolli 6-1, 4-6, 6-4, 6-7[5], 6-1 en finale de Roland-Garros. Après son échec lors de l'édition 2025, battu par Carlos Alcaraz, Alexander Zverev devient le premier Allemand sacré à Roland-Garros, également le premier Allemand vainqueur d'un Grand Chelem depuis Boris Becker lors de l'Open d'Australie 1996. Lors de sa conférence de presse, après son sacre, Alexander Zverev est revenu sur ce que représente ce sacre, lui qui a rapidement connu le succès sur le circuit, mais a longtemps buté au moment de remporter son premier Grand Chelem.
Vidéo - Alexander Zverev après son 1er sacre en Grand Chelem à Roland-Garros
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"Heureux d'être assis à côté de ce merveilleux trophée"
Sascha, félicitations, tu es champion de Grand Chelem. Il semblait que tu aies eu un peu de mal à la fin du quatrième set, qu'est-ce que tu t'es dit ? Comment es-tu arrivé là, au titre ?
Oui, j'avais des crampes, j’avais mal physiquement, même si je ne pense pas que les crampes étaient véritablement physiques. C'était davantage mental. J'étais tendu. C'était émotionnel. J'étais aussi un peu instable au quatrième set. Peut-être que les crampes m'ont aidé d'une certaine manière. Je me suis laissé aller. J'ai lâché mes coups un peu plus et j'ai gagné. Je suis heureux de cela, heureux d'être assis pour la première fois à côté de ce merveilleux trophée.
Félicitations. Il y a moins d'un an à Londres et à Wimbledon, tu as eu une conférence de presse très tendue, tu avais dit que tu te sentais vide, probablement très loin de ce que tu sens maintenant. Je voudrais savoir à quel moment tu as perdu cette croyance et comment c'est revenu, combien de semaines et de mois après cela ?
J'ai commencé à bien rejouer l'an dernier à Vienne, parce que j'avais eu des problèmes physiques. J'avais du mal avec mon tennis, je ne jouais pas bien. Il est certain que ce trophée va beaucoup m'aider à croire en moi. Je suis très loin de ce moment de l'année dernière. L'an dernier, ça a été l'un des moments les plus difficiles de ma carrière tennistique, alors qu'aujourd'hui, c'est le plus heureux, très différent.
Bravo. Félicitations. Tu as gagné contre un Italien, c'est normal pour toi. Au lieu d'être le meilleur joueur qui n'a jamais gagné un Grand Chelem, j'aimerais mieux être le pire joueur qui a gagné un Grand Chelem. Cela a été dit, qu'est-ce que tu en penses ?
Vous pourriez m'appeler le pire joueur qui a gagné un Grand Chelem aujourd'hui, cela me serait égal.
Est-ce important pour l'Allemagne ?
Je crois que c'est la première fois que c'est un homme, un Allemand qui gagne Roland-Garros. Pour les femmes, c'est Steffi Graf. Pour les hommes, c'est la première fois. Pour être honnête, je suis un peu en état d'ébriété. J'ai du mal à répondre.
"Désormais, je serai toujours un champion de Grand Chelem"
Tu as parlé à TNT sur le court. Je sais que tu veux vivre dans l'instant et jouer sans la charge et les douleurs du passé. Est-ce que tu penses que c'est la manière dont tu as joué aujourd'hui et ce trophée qui vont t'aider à jouer plus librement ?
Oui, c'est arrivé assez tôt dans la série des Masters, parce que j'ai gagné très jeune et gagné beaucoup de trophées après. Donc très jeune, j'ai gagné des Masters. Pour les Grands Chelems, cela a pris plus longtemps. Quoi qu'il m'arrive, je serai désormais toujours un champion de Grand Chelem, personne ne pourra m'enlever ça. Cela me donne, c'est vrai, une certaine liberté, peut-être que quand je jouerai une finale, même si je perds, je me dirai : tu restes un champion de Grand Chelem. Si j'avais perdu aujourd'hui, j'aurais vraiment beaucoup perdu confiance en moi.
Félicitations, je voulais savoir ce qui t'est passé par l'esprit à la fin du match quand tu t'es écroulé sur le court. Je pense que c'est un moment auquel tu avais beaucoup pensé. Qu'est-ce qui t'est passé par l'esprit, un soulagement ou quelque chose de ce genre ?
Je dirais que c'était une combinaison de différentes choses. Tout d'abord, j'avais du mal à croire que j'avais gagné, puis j'ai vu mon box, que tout le monde était en train de fêter ça. J'ai vu mon père lever les bras. Ça m'a frappé d'un coup, je suis tombé sur le sol et toutes mes émotions me sont arrivées d'un coup. C'est un Grand Chelem très spécial pour moi, à la fois positivement, mais aussi je me souviens de moments très difficiles dans ma carrière tennistique. Je me souviens d'avoir perdu en finale de Grand Chelem ici, d'avoir été allongé avec une blessure dont je ne savais pas si je pourrais me remettre. Ce sera sûrement un des moments les plus importants pour moi.
Tu as parlé de crampes qui étaient un peu mentales. Est-ce que tu te souvenais de ces incidents passés pendant ce quatrième set ?
Non, j’étais juste très tendu aujourd’hui. Je pense que j’ai bien géré les deux dernières semaines avec tous les échecs quand Jannik est sorti et Novak aussi. J’ai réussi à rester calme et à jouer du bon tennis, mais aujourd'hui, je n’ai pas bien géré. Je pense qu’il y a eu beaucoup plus de hauts et de bas dans le match. J'avais l'impression de ne pas jouer aussi bien que je le voulais, de ne pas jouer au même niveau que les matchs précédents et puis j'étais nerveux. Je pense que c'est humain. C'est pour ça que je dis que d'une certaine manière, ces crampes m'ont aidé, parce que mon esprit s'est relâché, j'ai commencé à frapper de manière plus offensive. Tout cela à cause des crampes, je ne pouvais plus rester tendu. Il fallait que je me relâche.
"C'est vraiment un effort de famille et d'équipe"
Félicitations. Flavio a dit que vers la fin du quatrième set et au début du cinquième, il n'avait plus de jambes. T’en es-tu rendu compte de ses difficultés physiques ? Cela a eu un effet pour toi ?
Non, je m’en suis rendu compte seulement après le match quand on s'est parlé, quand il me l'a dit. J'étais plus préoccupé par mon niveau physique. Au quatrième set, j'ai aussi commencé à avoir des crampes. Quand j'ai commencé à frapper plus fort la balle et à me laisser aller, ça a eu de bons résultats pour moi.
Un coup très important aujourd'hui et pendant tout le tournoi, c'est ton service quand on regarde les statistiques. Comment travailles-tu ce service ? Comment l’affines-tu compte tenu de la précision ? Cela demande de l'affinage ?
Oui. Je pense que sur terre battue, le service est encore plus important que la vitesse, même si la vitesse était assez bonne aujourd'hui. Je pense que la précision est plus importante ; ça a pu vraiment me permettre de m'en sortir. J'ai perdu deux finales de l'US Open à cause de ce coup, et je suis content qu'il m'ait permis de gagner ce trophée.
Sascha, ça a été une longue course. Est-ce qu'il y a quelqu'un à qui tu aimerais dédier ce trophée et ce moment, mis à part toi-même ?
Oui, comme l'a dit Mirra. Je pense que c'est vraiment un effort de famille et d'équipe. J'ai la même équipe depuis au moins 12 ans avec le même préparateur physique, le coach encore plus longtemps. Donc, tout le monde mérite ce trophée.
