Tennis. Roland-Garros - Anna Kalinskaya : "Je suis très fière, je n'arrive pas à y croire"
Par Jeremy MARTIN le 01/06/2026 à 17:21
Anna Kalinskaya a souffert ce lundi. Face à Anastasia Potapova, tombeuse de Coco Gauff au troisième tour, la Russe s'est imposée 6-4, 2-6, 7-6[7] en huitième de finale de Roland-Garros. Avant cette édition 2026, Anna Kalinskaya n'avait jamais fait mieux qu'un deuxième tour à Roland-Garros, en 2024. Grâce à cette victoire, la Russe décroche son deuxième quart de finale en Grand Chelem, après l'Open d'Australie 2024. La tête de série n°22 croisera désormais la route de la qualifiée Maja Chwalinska. En conférence de presse, elle est notamment revenue sur la gestion de ses émotions.
Vidéo - Anna Kalinskaya après sa qualification pour les quarts de finale
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"Je n'avais aucune attente sur la terre battue"
Félicitations ! Deuxième quart de finale dans un Grand Chelem, première fois à Roland‑Garros. Êtes‑vous fière de vous ?
Oh oui ! Je suis super fière ! Je n'arrive pas encore à y croire. Le match était tellement long... Et je n'ai pas encore réalisé.
Félicitations ! Sur le court, vous avez dit que vous n'étiez pas trop nerveuse pendant le match, alors que c'était vraiment un match en dents de scie. Dans votre carrière, quand est‑ce que vous avez arrêté d'être nerveuse pendant les matchs, surtout quand ils sont aussi stressants que celui‑ci ?
Si, si, je vous assure, j'étais très nerveuse ! Et après avoir perdu mon service, notamment, à 5‑5 au troisième set, je menais 40 à 0, et j'ai perdu le jeu. Je vous assure que j'étais très frustrée, parce que je voulais vraiment gagner ce jeu et améliorer le score, pour avoir un peu d'avantage pour finir le match. Mais malheureusement… Cela n'a pas fonctionné. Et croyez‑moi, j'ai vraiment pris un coup ! Mais le changement de côté était très rapide. J'ai dû repartir à zéro, finalement. J'ai dû continuer à jouer. Mais je vous assure que j'étais très nerveuse, jusqu'au dernier point !
Félicitations ! C'est un extraordinaire résultat, pour vous, surtout sur terre battue où vous n'avez pas toujours eu d'excellents résultats. Vous avez eu, certes, de bons résultats sur terre battue par le passé, mais quel était le moment déclencheur ici ? Pourquoi, selon vous, êtes‑vous parvenue à ce résultat dans un tournoi qui a toujours été un peu difficile pour vous ?
Mentalement, je me suis dit : je ne vais pas trop me stresser, ne pas mettre trop de pression sur moi pendant cette saison sur terre battue. Cela aide. Mais je m'entraîne toujours pareil. Chaque année, en gagnant un peu d'expérience, je me sens plus à mon aise sur la terre battue. Mais je n'avais aucune attente sur la terre battue.
"J'aurais sans doute beaucoup ri avec mon équipe, si on m'avait dit cela"
Félicitations ! Quand vous avez parlé des nerfs, est‑ce que vous pouvez partager les symptômes que vous ressentez au niveau physique ? Cela vous donne la nausée ? Est‑ce que vous avez des jambes de plomb ? Est‑ce que vos mains tremblent ? Et avez‑vous une technique pour contrer tout cela, la respiration par exemple, ou la pleine conscience, que vous utilisez sur le court et hors du court ?
Je pense que c'est différent, et les symptômes ne sont pas toujours les mêmes. On peut se sentir très lourde dans les jambes. On peut se sentir complètement gelée sur l'ensemble du corps. Quelquefois, j'ai des problèmes de respiration, également. Donc, j'essaie vraiment de me ressaisir, de respirer, et de me concentrer sur ce que je dois faire pour bien jouer.
Félicitations ! Au troisième set, vous meniez, ensuite, vous êtes revenue à la traîne, puis au tie‑break, vous étiez menée.
Qu'est‑ce qui a changé dans votre manière de jouer, à votre avis, quand vous étiez en retard, quand votre adversaire a repris la main ? Est‑ce qu'il y a des choses que vous faisiez ou que vous ne faisiez pas, qui étaient différentes dans ces situations ? Et est‑ce que vous auriez souhaité jouer différemment lorsque votre adversaire a repris la main ? Il est clair que vous avez joué comme vous vouliez à la fin.
Alors, ce match était très physique. J'avais l'impression qu'au troisième set, je menais 4 à 1, et j'ai vu que mon adversaire commençait à fatiguer. À 4‑1, moi aussi j'avoue que je commençais à perdre un peu d'énergie, alors que mon adversaire, à ce moment, a justement repris des forces. C'est pour cela que le score était un peu en dents de scie. Elle était très courageuse, sur le court. Elle avait des balles absolument extraordinaires ! Elle était très combative et a réussi beaucoup de retours. Quelques fois, je n'étais juste pas prête pour le coup d'après, à cause de ses nombreux retours. Croyez‑moi, c'était… Assez incroyable !
Vous avez dit que vous commencez Roland‑Garros sans attentes, sans vous mettre la pression. À votre avis, est‑ce que vous allez pouvoir continuer comme cela, ou est‑ce qu'en étant en quarts, vous allez changer un peu d'état d'esprit ?
Non. Je suis très satisfaite de là où j'en suis. Il y a deux semaines encore, je n'aurais jamais cru pouvoir être ici ! J'aurais sans doute beaucoup ri avec mon équipe, si on m'avait dit cela. Alors maintenant, je vais en profiter, je vais faire de mon mieux, et on verra bien. Advienne que pourra !
"C'était quelque chose de nouveau pour moi"
Est‑ce que vous pensez que c'est l'un des matchs les plus fous que vous ayez jamais joué ?
Non ! Rome était encore plus fou que cela ! J'avais sauvé 9 balles de match. Je ne pense pas pouvoir faire mieux que cela !
(Rires).
Pendant un Grand Chelem ?
Oui, pendant un Grand Chelem, oui. Je n'ai jamais joué un tie‑break jusqu'à 10 points en Grand Chelem. C'était quelque chose de nouveau pour moi. Et jouer en plus sur un grand court, contre mon amie, c'est quelque chose de très spécial pour moi.
