Tennis. Roland-Garros - Diana Shnaider après sa remontée : "Je suis très fière de moi"
Par Jeremy MARTIN le 03/06/2026 à 18:35
Diana Shnaider s’est offert Aryna Sabalenka 3-6, 7-5, 6-0 en quarts de finale de Roland-Garros ce mercredi. Menée d’un set et 5-3 dans la deuxième manche, la Russe a ensuite remporté dix jeux consécutifs pour renverser la numéro 1 mondiale, lui infligeant même une "bulle" dans le dernier set. Ce succès lui permet d’atteindre le dernier carré d’un Grand Chelem pour la première fois de sa carrière. Née en 2004, la 18e mondiale devient la troisième joueuse, après Mirra Andreeva et Coco Gauff, à accéder aux demi-finales d’un Majeur parmi les joueuses nées en 2004 ou après. En conférence de presse, Shnaider est revenue sur cette incroyable remontée.
Vidéo - Diana Shnaider après sa victoire contre Aryna Sabalenka
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"On va devoir sortir notre meilleur tennis, parce que c'est une opportunité en or qui s'offre à nous"
Diana félicitations !
C'est ta première demi-finale de Grand Chelem, contre la numéro 1 mondiale. Peux-tu dire quel point tu es ravie d'être dans cette position aujourd'hui ?
Indéniablement, super contente.
Je suis encore en train de digérer ces émotions nouvelles, c'était un match difficile. Je suis ravie, je suis très fière de la manière dont j'ai géré les émotions, les conditions aussi aujourd'hui. Également, la bataille que j'ai livrée, le travail que j'y ai mis.
Tu étais complètement menée de deux breaks. Est-ce que tu croyais encore que tu pouvais y arriver ? Quel a été le signe qui a été le déclic pour renverser le match, pour toi, et pour te rebooster dans ta confiance ?
Je savais que je jouais contre la n°1 mondiale, Aryna Sabalenka, qui est extrêmement agressive. Les conditions étaient difficiles. Et donc, je ne me mettais pas trop de pression. Et à 5-3, j'étais de l'autre côté des coaches, j'avais le vent contraire, Aryna me mettait de la pression. J'ai dit : « Il faut que je trouve d'autres clés pour y arriver, il faut plus de variété, il faut que je mette de l'effet dans ma balle, il faut slicer... » Ça ne fonctionnait pas.
À 5-3, j'ai dit : « OK, il faut que je change quelque chose maintenant. » Et je me suis dit : « OK, il faut que je puise dans mes ressources, que je trouve mes coups, que je monte au filet parce qu'en fait, elle me pousse trop dans mes retranchements. »
Il fallait que je fasse quelque chose par rapport aux échanges, que je fasse quelque chose de différent, il fallait que je monte au filet au deuxième service, lui mettre plus de pression, être plus agressive.
Et puis, ici et là, il y a eu des fautes directes de sa part. Et en fait, il y a eu un point de bascule qui est allé en ma faveur à ce moment-là. Et puis, j'ai plus cru en moi. J'ai gagné le deuxième set, je me suis dit : « Oui ! Elle n'a pas eu le deuxième set, j'ai eu ce set ! »
J'ai eu ce set, et au troisième set, j'ai dit : « OK, j'ai bien fait, j'ai gagné le deuxième set. » Et j'ai donc essayé de rester sur cette lancée, d'être plus agressive, de chercher des coups plus faciles et de saisir les opportunités quand je pouvais, où je pouvais monter au filet, d'être très présente, très concentrée, parce qu'il y avait beaucoup de vent, c'était difficile.
Félicitations ! C'était sensationnel ! Désolé de passer à un autre sujet, mais tu vas jouer contre Maja Chwaliska, qui est notre sensation polonaise. Tu as joué une fois en 2022 contre elle à Istanbul. Que penses-tu d'elle ? Cette joueuse est très différente des autres.
Oui, je me souviens d'avoir joué contre elle. C'était à Istanbul, une demi-finale, un 60 K. Je ne suis pas surprise, elle était très bonne. Parfois, cela prend du temps, on se révèle sur le tard. Elle est très piégeuse, ses amorties, ses slices, et en plus, elle est gauchère, ce sera un grand changement pour moi demain. Je suis ravie pour elle. Et je m'attends bien sûr à un duel acharné demain, pour nous deux. On va devoir sortir notre meilleur tennis, parce que c'est une opportunité en or qui s'offre à nous. Je pense que le match sera incroyable !
"Je sais qu'Aryna est très émotive"
Aryna a eu des difficultés, les conditions étaient difficiles. Mais, l’an dernier, elle a eu aussi des problèmes à garder son sang-froid. Peut-être vous êtes-vous rappelé de ses difficultés avec le vent lors de la finale l’année dernière et avez-vous senti que vous pouviez l’exploiter ?
Je ne savais pas qu'ils allaient ouvrir le toit après l'entraînement, j'étais surprise qu'ils aient ouvert le toit, parce qu'il était fermé avant...
Mais les conditions étaient très difficiles. Il y a eu des coups très sales, beaucoup de sable, c’était très imprévisible. Mais j'ai été plus agacée pendant le premier set. J'ai essayé de me dire : « OK, on est logées à la même enseigne toutes les deux. Il faut admettre que c'est difficile, et tout simplement, trouver des clés pour m'en sortir, quoi faire de ce côté, quoi faire de l'autre côté du filet. »
Et je savais que pour la finale de l'année dernière, il y avait aussi beaucoup de vent. J'avais donc pensé à ça, au fait que l’année dernière, elle avait eu des difficultés avec Coco, en finale, que je pouvais exploiter cette opportunité. Il fallait juste que je m'adapte, et faire de mon mieux.
Ce n'était pas seulement le vent, Sabalenka l'a dit elle-même, elle a eu des difficultés à garder son calme, et toi aussi, d'ailleurs. C'est une joueuse expérimentée, elle est n°1 mondiale, et elle a dit avoir du mal à gérer cela.
As-tu senti, de l'autre côté du filet, qu'elle était affectée, qu'elle avait du mal à garder son sang-froid ?
Bien sûr, j'ai vu des moments de frustration de sa part. Je sais qu'Aryna est très émotive. Moi aussi. Mais, là, pour ce tournoi, ce que je fais de bien, c'est de ne pas laisser les émotions prendre le dessus. J'essaie de déployer mon meilleur tennis.
C'est sûr, il y a des moments où moi aussi, j'aurais pu être très agacée contre moi, être très frustrée par rapport à tout ce qui se passait. Mais bon, quand je l'ai vue à fleur de peau, je me suis dit : « OK, tu es dans la bonne direction, il faut que tu te concentres sur toi-même. » Je me suis dit de ne pas me concentrer trop sur elle, si elle parle à son équipe, ou sur ce qu'elle fait... Non. Je me suis dit : « Il faut que je ne pense qu'à moi-même, à ce que je dois faire, et y aller point après point. »
Est-ce que cela t'a affectée, le fait que tu jouais sur terre battue plutôt que sur surface dure, où elle a rencontré un tel vif succès ? Vu le vent, les conditions, tout cela ?
Honnêtement, il n'y avait plus de terre battue sur le court, avec ce vent, plus rien du tout ! C'était difficile de glisser, entre autres.
On sait qu'Aryna, elle cogne dur, c'est une spécialiste de la surface dure. Je savais que je pouvais mieux me déplacer sur terre battue, et donc j'ai essayé de l'utiliser pour prendre l'avantage.
"Il y a trop d'émotions qui nous submergent parfois"
Il y a 2 jours, on a posé à Aryna une question sur le fait de jouer contre une gauchère. Elle a dit qu’elle adorait jouer contre une gauchère, parce qu'elle aimait le rythme. Elle n'avait rien contre toi, mais le savais-tu ?
Surtout, quand tu as décoché ce coup droit, long de ligne, cela s'est super bien passé. Qu'as-tu pensé quand tu as décoché ce coup ?
Je ne savais pas... Je ne savais pas qu'elle avait dit ça en conférence de presse sur les autres joueurs.
Il y en a qui préfèrent jouer contre des droitières ou des gauchères... Cela dépend du joueur, de la joueuse. Moi, j'ai essayé simplement de décocher mes coups. J'ai vu qu'elle avait un peu de problèmes avec son coup droit, et donc, si je voyais une opportunité où je pouvais aller long de ligne, moi j'adore ce coup, et donc j'ai essayé de frapper long de ligne. Puis, elle a commencé à avoir des problèmes avec son coup droit, puis avec son revers. J'ai donc essayé d'être agressive, de ne pas la laisser monter au filet, pas trop... Parce que vous savez, quand elle monte au filet, elle était très bonne récemment, ces derniers temps. Et donc, oui, j'ai essayé de me concentrer davantage sur moi, sur ce que je devais faire pour m'assurer de la déstabiliser.
Était-ce difficile pour vous, parce que vous avez dit qu'Aryna, quand elle rejoignait son box, vous voyiez qu'elle était frustrée. Avez-vous mis ça de côté ? Vous vous êtes concentrée uniquement sur vous-même ?
Non, ce n'était pas difficile. Nous avons tous nos moments, on va voir l'équipe parce que parfois, on a besoin un petit peu de décharger toute cette énergie négative. Vous savez, il n'y a pas de problème... On veut gagner, coûte que coûte. Il y a trop d'émotions qui nous submergent parfois. Moi, j'étais concentrée sur moi-même, j'essayais simplement de me concentrer sur ce que j'avais à faire, et puis, je me concentrais sur chaque point, point après point, point après point... Parce que les conditions étaient difficiles, il fallait simplement que je me concentre tellement, pour pouvoir m'aider en fait !
"C'est facile, on a la même mentalité"
C'est la première fois que tu vas aussi loin dans un tournoi en simple, mais tu as eu beaucoup d'expérience en double.
Je me demandais, est-ce que cela t'aide ? Et, est-ce que tu te réjouis aussi de jouer avec ta partenaire habituelle en double, peut-être pour la finale demain ?
On va jouer demain ensemble, je ne vais donc pas y penser. Avec Mirra, on a déjà joué ici, à l'Open d'Australie aussi. Mais le simple, c'est différent du double, vous savez, en double, on peut partager le succès, ici, ce n'est que vous, ce n'est que votre seul succès, et celui de votre équipe. Donc, c'est plus spécial surtout pour la première fois.
Donc oui, je suis ravie, on verra bien ce qui se passe.
Mirra a dit qu'elle adore jouer en double avec toi. Est‑ce que tu peux parler un peu de ta relation quand vous jouez ensemble, et aussi de votre relation hors du court ?
On s'entend très bien sur le court, et hors du court. Même si on joue l'une contre l'autre, on s'entend bien, en simple. On a une bonne relation en dehors du court. Mais si on joue l'une contre l'autre, on veut gagner, coûte que coûte. Il n'y a pas de problème avec cela, on veut juste gagner. Et la relation hors du court, elle est hors du court. Elle n'a rien à voir avec le tennis, et nous sommes respectueuses l'une envers l'autre.
Quand vous jouez en double, ensemble, vous aimez bien vous faire rire l'une l'autre ?
Oui, bien sûr ! On adore jouer en double ensemble. C'est facile, on a la même mentalité. On adore plaisanter. On est même un peu puériles, parfois… Mais c'est super sympa, super naturel ! Et donc je me réjouis de jouer davantage de matchs en double avec elle.
