Tennis. Roland-Garros - Félix Auger-Aliassime sur le tableau ouvert : "Il faut être là"
Par Jeremy MARTIN le 01/06/2026 à 21:09
Félix Auger-Aliassime en patron. Ce lundi 1er juin, le Canadien a, pour la première fois dans cette quinzaine à Roland-Garros, remporté un match en trois sets. Opposé au tombeur de Moïse Kouame, le Chilien Alejandro Tabilo, FAA s'est imposé sans souci sur le score de 6-3, 7-5, 6-1, sans jamais lâcher sa mise en jeu grâce à une excellente performance au service avec 17 aces. Il est le premier Canadien à atteindre ce stade de compétition dans l'intégralité des tournois du Grand Chelem. La pente va néanmoins s'élever au prochain tour avec un choc contre l'Italien Flavio Cobolli. En conférence de presse, il est notamment revenu sur son prochain duel.
Vidéo - Félix Auger-Aliassime après sa victoire contre Tabilo à Roland-Garros
Retrouvez ICI le tableau du simple Dames de Roland-Garros 2026
Retrouvez ICI le tableau du simple Messieurs de Roland-Garros 2026
"Je ne ressens pas de pression supplémentaire"
Félicitations Felix d'avoir atteint les quarts de finale. Que dirais-tu de ta performance ?
Mon meilleur match depuis le début du tournoi. De toute façon, une victoire, c'est toujours bon à prendre mais, au-delà, je suis satisfait de la façon dont j'ai joué, de l'ambition que j'ai montrée dans ce match. C’est exactement le type de match que l’on doit être capable de sortir. Je suis donc satisfait.
Cela fait qu'aujourd'hui tu as atteint les quarts de finale dans les 4 Grands Chelems, mais tu n'es pas allé au-delà des demi-finales. Tu as donc de l'expérience. Est-ce que tu penses qu'il y a une raison à cela et est-ce que cela te motive davantage ?
Non, je ne pense pas qu'il y ait de raison particulière. Chaque tournoi est différent et cela dépend, parce que dans chaque Grand Chelem que vous disputez, il y a une opportunité de gagner. Dans certains, je suis sorti au premier tour et dans d'autres, en demi-finale. Une demi-finale, je l'ai jouée contre un joueur bien meilleur que moi à cette époque, c'était Sinner ; il est bien meilleur que moi. Je ne vois pas d'autres raisons que celle-ci. Vous êtes en face d'un meilleur joueur. J'étais sur le court aujourd'hui, hier, je m'entraînais ; demain, je retournerai m'entraîner avec une ambition : m'améliorer.
À quel point est-il difficile de rester concentré sur ton tennis et ton prochain adversaire, étant donné que le tableau est plus ouvert qu'il ne l'a jamais été par le passé ?
Pour ma part, il y a eu un jour ou deux d'affilée où Sinner a perdu, puis Djokovic a perdu et il y a eu beaucoup de battage derrière cela. Au fur et à mesure que le temps passe, on s'y habitue.
Aujourd'hui, je ne ressens pas de pression supplémentaire, si c'est cela que cela pourrait provoquer. Les choses sont donc les mêmes pour moi. Jouer contre Cobolli en quarts de finale, il est tête de série n° 10, c'est donc normal comme affiche. Ne pas avoir Sinner en demi-finale c'est une opportunité, mais il faut répondre présent, il faut se concentrer sur chaque match et espérer être en demi-finale.
"Il faut donc s'adapter à chaque tournoi"
Comme on l'a dit, tu as connu le succès dans les 4 Grands Chelems, tu as de très bons résultats en indoor, est-ce que tu penses qu'il y en a un dans lequel tu es meilleur que les autres et que dirais tu de ta position sur terre battue ?
J'ai toujours aimé jouer sur terre battue, cela n'a jamais été un problème. L'une de mes grandes forces, c'est mon service et lorsque l'on joue en indoor il n'y a pas de soleil, il n'y a pas de vent, on peut être plus régulier, on peut aller plus vite. Le service va plus vite et donc j'ai d'encore meilleurs résultats en indoor mais il est important de savoir s'adapter à chacune des surfaces, mais c'est amusant parce qu'on joue beaucoup sur dur. Je ne sais pas quel pourcentage de la saison on passe sur dur, mais quand j'avais 18 ou 19 ans, je jouais beaucoup sur terre à Lyon ou à Rio où j’étais en finale, pour d’autres tournois aussi. En été, je jouais à Gstaad et Umag sur terre.
Aujourd'hui, je joue plus sur dur et je ne joue pas énormément sur terre. Mes résultats sur herbe sont ce qu'ils sont, mais on n'a pas beaucoup de tournois sur herbe non plus. Je pense que pour devenir meilleur sur terre, il faudrait jouer quinze tournois sur terre.
Félix, tu l'as dit toi-même, tes résultats sur terre ne t'ont pas complètement donné satisfaction cette saison. Est-ce que tu penses qu'il s’est passé quelque chose de particulier cette semaine ou c'est juste le fait que le sport a son lot d'incertitudes que parfois on y arrive mieux que d'autres ? Comment expliques-tu les 8-10 derniers jours ?
Je suis d'accord avec toi, je n'ai pas très bien joué sur mon premier match, j'étais mené 2 sets à 1. Je suis revenu à un tie-break au cinquième qui n'était pas en ma faveur. Maintenant, je suis en quarts de finale, donc c'est un peu cela. J’ai gagné deux tie-breaks lors de mon dernier match. Quand vous avez ces sets très serrés qui tournent à votre avantage, il faut savoir capitaliser là-dessus, aller plus loin dans le tournoi et augmenter le niveau. A Madrid et Rome, j'ai perdu quelques tie-breaks et il aurait fallu que je sois capable de jouer mieux pour dicter le rythme du match. Il faut donc s'adapter à chaque tournoi.
Pour revenir sur cette question, il y a quelques années tu as travaillé avec Toni et Nadal. Est-ce que tu penses que cela a fait une différence et qu'aujourd'hui c'est l'une des raisons pour lesquelles tu arrives aussi loin ?
J'ai beaucoup répondu à ces questions au cours de ma carrière. Si je gagne ce tournoi, je pourrai enfin le dire : je n'ai pas de problème avec la terre battue. Quand j'ai commencé ma carrière, je jouais beaucoup sur terre battue, je suis allé faire la saison américaine, je ne jouais plus sur gazon pour pouvoir jouer sur terre battue. Je vais vous raconter une histoire : quand j’avais 18 ans, mes entraîneurs pensaient que je ferais bien de jouer en Amérique du Sud, parce que j’étais meilleur sur terre. Je suis donc allé à Rio, à Buenos Aires, à Sao Polo. Je sautais même la saison sur gazon pour jouer sur terre.
A 18 ans, je jouais davantage sur terre et avec les années, mon jeu a progressé. C’était naturel pour moi de jouer de plus grands tournois sur dur et en indoor, au début et à la fin de l’année.
Donc, la terre battue ne me dérange pas ; je n'ai pas de problème avec la terre battue. Je n'ai pas besoin de Toni, ce qu'il m'a apporté c'est son expérience et sa connaissance de très haut niveau de cette surface.
"Ce match s’annonce donc comme une bataille très difficile"
Tu as joué deux fois contre Cobolli au Canada, à Montréal et aussi à Acapulco, et tu as perdu les deux fois, mais c'était en 2024. Est-ce que tu penses que Cobolli a particulièrement progressé ? Peux-tu nous parler de toi et de tes souvenirs de ces matchs ?
Que ce soit pour lui ou moi, je ne crois pas que ces matches soient applicables au match que nous allons jouer ensemble, parce que c'est différent. Je venais à ce moment-là des Jeux Olympiques de Paris, je suis venu pour jouer, parce que c'était chez moi et donc il m'a écrasé parce que j'ai très mal joué. Je n'aurais pas dû jouer.
Puis, il y a eu ce match à Acapulco où j’ai mal servi, mais je pouvais voir que c'était un très bon joueur, qui n'était pas forcément très bien classé mais la façon dont il se déplace, ses coups, c'est quelqu'un de très talentueux, un joueur très complet. Il a un très bon toucher. J'ai toujours beaucoup apprécié son jeu. C'est un joueur super. On a eu plus l'occasion de s'entraîner ensemble, une fois que le temps a commencé à passer. Il a beaucoup de qualités. Ce match s’annonce donc comme une bataille très difficile.
J'allais poser une question sur Cobolli, mais je pense que tu as répondu, mais pour compléter, tu dis que tu n'as pas été surpris par son ascension. Djokovic, à Wimbledon, disait qu'il le voyait comme un futur top 10. Quel avenir est-ce que tu lui prédis ? Est-ce que tu penses que c'est un potentiel vainqueur de Grand Chelem ?
Il y a beaucoup de joueurs qui appartiennent à cette catégorie. Il y a deux joueurs qui dominent le jeu à l'heure actuelle, Zverev étant dans une troisième position méritée, il y a moi et tous ceux qui viennent derrière qui sont tout proches en termes de niveau, en termes de points. Nous avons tous nos hauts et nos bas, y compris Cobolli au cours d'une même saison. La question ici n'est pas de savoir qui sera capable de gagner un major mais qui sera capable d’amener son tennis à un niveau qui soit suffisamment régulier année après année.
