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Tennis. Roland-Garros - Mahut et Herbert : "On est des survivants !"

Par Alexandre HERCHEUX le 09/06/2018 à 21:35

Roland-Garros
Photo : @TennisActu

Ils l'ont fait ! Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut ont remporté le tournoi de Roland-Garros en dominant la paire Oliver Marach/Mate Pavic 6-2, 7-6(4) ce samedi. Sublîme performance des Frenchies qui ont su faire la différence dès le début pour virer en tête. Mieux dans son match dans le second set, la paire Marach/Pavic a réalisé une bonne manche avec plus d'agressivité mais n'a pas réussi à convertir les 4 balles de set obtenues. Soutenus par le court Phlippe Chatrier, les Français ont fait un tie-break parfait pour s'offir le match et le titre. Première fois pour les deux hommes. Belle fierté pour Nicolas Mahut qui pour son 18e Roland-Garros en double, réussit enfin à remporter le graal. Voilà un titre qui permettra de redonner le sourire au tennis français et qui nuancera le bilan jusqu'alors médiocre des Tricolores durant la quinzaine. 

Vidéo - Herbert et Mahut vainqueurs en double de Roland-Garros !

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Bravo déjà. Une question peut-être plus pour Pierre-Hugues : est-ce plus fort ou moins fort que la Coupe Davis ? (Rires)

Nicolas MAHUT.- Cela commence fort !

Pierre-Hugues HERBERT.- Je pense que Nico peut répondre à la question aussi, même s'il n'y a pas joué, il a gagné la Coupe Davis. J'aimerais que tu répondes.

Nicolas MAHUT.- Je ne pensais pas que l'on allait parler de ça en arrivant ici, c'est génial.

Pierre-Hugues HERBERT.- C'est différent. Ce que l’on a vécu en Coupe Davis, c'était encore plus à le vivre. C'est différent. C'est plutôt une histoire entre moi et Nicolas. La Coupe Davis, c’était très fort en pression. Cela a été un vrai soulagement, on va dire. Là, c'est du plaisir, du vrai plaisir.

Nicolas MAHUT.- J'attends la deuxième avec impatience ! (Rires)

 

Tu as bouclé la boucle Nico. 2013, c'est fini, oublié, séché les larmes. Et voilà quoi, on n’en parle plus.

Nicolas MAHUT.- Cela va rester comme un grand souvenir dans ma carrière. Après la demie, j'avais vraiment envie de vous retrouver ici dans un autre état. Vous avez partagé cela avec moi. Cela avait été vraiment douloureux en 2013. Je pensais que c'était ma seule chance de gagner Roland-Garros. Grâce à Pierre-Hugues, on est là 5 ans après, avec le sourire, avec vous. Il y a une vraie différence entre perdre en finale et la gagner. Là, c'est vraiment 100 % de plaisir. On est là devant vous à essayer de vous expliquer ce que l'on ressent. C'est déjà trop tard. L'émotion est difficilement racontable. Ce que l'on vit au moment de la balle de match et les deux ou trois minutes qui suivent, dès que l'on essaie de l'expliquer, c'est trop déjà tard. C'est pratiquement indescriptible. C'est du bonheur à l'état pur. Avant le tournoi, tu me posais la question si c'était difficile entre nous. On a eu des moments difficiles, c'est vrai. Cela a été compliqué à la fin de la saison dernière début d'année. Parce qu’on est proche, on s’aime, on a réussi à surmonter ces moments et on a répondu de la meilleure des manières cette semaine je crois.

 

Forcément vous êtes Français, donc Roland-Garros c’est différent de Wimbledon et de l’US Open. Vous pouvez quand même comparer ce que vous avez ressenti sur le premier Grand Chelem. C'est toujours particulier le premier en comparaison avec ce que vous avez vécu aujourd'hui.

 

Pierre-Hugues HERBERT.- C'est certain que le premier, c'est toujours quelque chose de très spécial. Pour tout vous dire, les sensations que j'ai ressenties, c'est quasiment comme le premier. C'est à la maison. Roland-Garros, c'est le tournoi quand on est Français que l'on a envie de gagner. On rêve quand on est gamin de gagner ce genre de tournoi. On voyait plutôt le tournoi en simple à la télé. Le gagner en double, c'est tout aussi fort. Pouvoir gagner à la maison, il n'y a pas mieux comme sensation. Aujourd'hui, il y avait un peu la boule au ventre. On n'avait pas envie de passer à côté de cette occasion. Je pense que l'on est hyper fier aujourd'hui d'avoir réussi à gagner, d'avoir amené une victoire au public qui est resté quand même en nombre pour la finale, d'avoir ramené une victoire aux 110 invités.

 

Nicolas MAHUT.- Le premier est incroyable parce que j'avais perdu à la finale à Roland-Garros et on avait perdu en finale à l'Open d'Australie. On se disait qu'il fallait quand même la gagner. La première a été très forte, cela faisait 15 ans que je la cherchais. Wimbledon, pour moi, c'était mon rêve de le gagner. C'était plus qu'un objectif, je réalisais mon rêve, gagner sur le central de Wimbledon, c'était très fort. Ici, il y a la famille, le public français, ce que Roland-Garros représente. Ce sont des émotions différentes. Il est difficile de les comparer. Mika ne pourra plus me chambrer en me disant qu'il est le seul à 3 Grands Chelems. C'est la bonne nouvelle du jour !

 

Il y a eu la Marseillaise, ce qui est rarissime. Nathanaël qui pique un sprint, le plus dur pour lui n'était-ce pas de descendre les tribunes ? Tu avais échafaudé un plan avec ton épouse ? Tu as vécu tout ce dont tu as rêvé en quelques minutes ?

 

Nicolas MAHUT.- Quand tu es papa et que tu as ton fils… Déjà cela faisait deux jours qu'il me disait : « Comment je vais venir sur le terrain ? » « T'inquiète pas, ils trouveront si on gagne ». « Si tu perds, je ne descends pas ». Je savais qu'il allait le faire, qu'il allait trouver un moyen en nous voyant gagner... Je ne sais pas s'il allait repasser par le vestiaire ou l’entrée des joueurs. Je savais qu'ils allaient trouver un moyen. C'est deux ou trois minutes là, quand on gagne, que l'on partage avec Pierre-Hugues, et que mon fils arrive après sur le court, honnêtement, je suis aujourd'hui comblé. Je ne pense pas que je puisse connaître quelque chose de plus fort.

 

Pierre-Hugues HERBERT.- Gagner la Coupe Davis cette année !

 

Nicolas MAHUT.- Oui.

 

Pierre-Hugues HERBERT.- Tu l'as déjà gagnée.

 

Nicolas MAHUT.- La regagner si tu veux. (Rires)

 

Félicitations. Une question pour Nicolas. Tu as décrit ta demi-finale comme un calvaire d'un point de vue personnel, comment étaient les sensations sur le court ?

 

Nicolas MAHUT.- Beaucoup mieux. Les sifflements, les bourdonnements et les vertiges sont passés. Déjà hier, cela allait beaucoup mieux. J'ai eu juste à gérer un peu la douleur et le fait d'entendre moins bien. Finalement, c'était pratiquement parfait. Je sais qu'en plus j'ai eu de bonnes nouvelles hier. Cela va rentrer dans l'ordre, il faudra trois ou quatre semaines. Cela sera juste un bon souvenir, de l'histoire ancienne.

 

Pierre-Hugues HERBERT.- Un bon souvenir ? Je peux réitérer l'exploit.

 

Maintenant il faut aller chercher l'Open d'Australie.

 

Nicolas MAHUT.- D'abord on va savourer celui-là. C'est le dernier qu'il nous manque effectivement. Plus j'avance dans l'âge, plus j'ai envie de savourer ces moments. Avant j'avais tendance à me projeter sur celui d'après. J'ai envie...

 

Pierre-Hugues HERBERT.- D’habitude, dans les 5 minutes, à chaque fois, quand on gagne un tournoi, il me dit : « Allez, maintenant le Queen’s dans deux semaines ». Là je tiens à te féliciter parce que tu n'as rien dit.

 

Nicolas MAHUT.- Non, parce que effectivement...

 

Pierre-Hugues HERBERT.- Demain matin, normalement j'ai un message.

 

Nicolas MAHUT.- Je vais te laisser deux ou trois jours.

 

Il y a eu des moments difficiles entre vous, vous les avez surmontés. Sans rentrer dans tous les secrets, vous pouvez développer sur l'objet du débat entre vous et comment vous avez surmonté cela ? Quel compromis vous avez trouvé ensemble ?

 

Pierre-Hugues HERBERT.- Pour être honnête, entre nous, personnellement, je n'ai pas ressenti de moments très difficiles. Forcément, on a été mis dans une situation qui était difficile à gérer. Entre nous cela s’est plutôt dans l'ensemble très bien passé. Ce qui était dur, c'était autour de nous. Cela parlait beaucoup. Cela vous fait vous remettre en question un peu. Je pense que très sincèrement, après peut-être que Nico aura une réponse différente… Entre nous, cela n'a rien changé. Quand on est arrivé sur cette rencontre de Coupe Davis, on est là pour l'équipe, le capitaine. On est à disposition du capitaine. Il prend ses décisions. Cette décision a été très dure pour nous mais cela n'a rien changé. Nicolas n'a pas été jaloux. Si j'avais été sur le banc et que Nico avait joué, je n'aurais pas été jaloux. Le plus dur à gérer, c'était vous les journalistes, les gens autour et voilà.

 

Nicolas MAHUT.- On était une équipe dans l'équipe. Sur cette finale, notre équipe a été mise à mal. Cela a été compliqué. On devait jouer ensemble, puis plus jouer, jouer avec Julien, vous connaissez tous l'histoire aussi bien que nous. Cela a été assez compliqué. Justement, c’est parce qu'on s'entend suffisamment bien, que l'on s’aime, que l'on s’est parlé, on a échangé. Cela a été difficile les premiers matches en Coupe Davis. La première rencontre après n'a pas été facile. Il a fallu que l'on se retrouve aussi, sur le terrain, en dehors du terrain, passer du temps ensemble. À côté, on entendait beaucoup de bruits, on en parlait avant le tournoi, c'était difficile, que peut-être que l'on allait jouer avec des partenaires différents. Cela ne nous a jamais traversé l'esprit parce qu'on se connaît bien. On est sûr de ce que l'on veut, on a envie de partager des choses ensemble. On est content aujourd'hui d'être devant vous et d'avoir montré sur le terrain que l'on était vraiment très fort comme équipe mais surtout en amitié. C'est ce qui nous a permis de retrouver le succès.

 

Félicitations, est-ce facile à obtenir 110 invitations pour Roland ?

 

Nicolas MAHUT.- Il faut remercier Guy et le Tournoi. Normalement cela ne se passe pas comme cela. Ils ont vraiment fait une exception et l'effort parce que c'était une finale entre Français à Roland-Garros. On peut vraiment les remercier. Et encore, on a dû dire non à certaines personnes. On aurait aimé qu’elles soient là mais ce n'était pas possible. Cela nous a donné beaucoup d'énergie de voir cette tribune pleine à craquer et d'avoir autant de soutien. Cela rajoute du plaisir.

 

Y aurait-il moyen de dire Yann : soit on joue ensemble soit on joue pas ?

 

Nicolas MAHUT.- Essaye de lui dire, tu vas voir comment tu vas être reçu (Rires).

 

Pierre-Hugues HERBERT.- Malheureusement, on est à disposition de l'équipe. En Coupe Davis, ce n'est pas la même chose que quand on joue sur le circuit, pour sa pomme. On joue pour une équipe, un pays, pour un capitaine. Peut-être qu'il fera jouer Nicolas avec quelqu'un d'autre à la prochaine rencontre, il faudra l'accepter. J'espère que l'on a montré au capitaine que l'on pouvait être une très bonne option.

 

Nicolas MAHUT.- Tu as raison.

 

Tu ne peux pas exiger cela, mais cela a des répercussions pour vous à l'année. Il y a des dommages collatéraux et des échanges énormes.

 

Pierre-Hugues HERBERT.- Il n'y en a pas eu tant que cela. C'est vous qui voyez les dommages collatéraux. Cela a été difficile, effectivement. Nicolas a morflé mais on s’est reconstruit et on est ressorti grandi de cette expérience. J'aurais morflé si j'avais été sur le banc. C'est normal. On est parti à 6, on savait que deux morfleraient quoi qu'il arrive. En étant sélectionnés pour cette finale à Lille, on savait que l'on faisait partie des 6 personnes et que 4 allaient jouer. Pour les deux qui allaient être sur le banc, cela allait être difficile. Cela fait partie du deal en Coupe Davis. Quand on va jouer le Masters, on sait que notre place est assurée si on a assez de points. En Coupe Davis, c'est le capitaine en qui on a confiance et qui prend la décision.

 

Au-delà de votre boxe qui était pleine, étiez-vous surpris que le central soit quasiment plein à 20 heures ?

 

Nicolas MAHUT.- Carrément. C'est une supère bonne surprise. En 2013, il y avait du monde sur le central mais la moitié. La finale dames avait duré encore plus longtemps. Je me suis dit : « si cela dure, les gens vont partir ». Cela m’enlevait le stress du match. C'était une supère surprise. Ce moment est incroyable, jouer sur le central. Je ne sais pas s'il était quasi plein mais on avait le sentiment qu'il répondait présent, on entendait « Allez les bleus ! ». Puis la Marseillaise à la fin, ce sont des choses que je n'oublierai jamais.

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