Tennis. Roland-Garros - Maria Sakkari : "Je ne veux plus me comparer à ce que j’étais..."
Maria Sakkari est au deuxième tour de ce Roland-Garros 2026 après avoir battu ce mardi 26 mai la Tchèque Linda Noskova en deux sets, 7-5, 7-6(3). Une grosse victoire pour la Grecque face à la numéro 12 mondiale alors que Noskova menait 5-2, 40-0 dans le deuxième set. Sakkari décroche sa 4e victoire contre une joueuse du top 20 cette saison et surtout sa première victoire à Roland-Garros depuis 2022. Elle défiera Claire Liu au deuxième tour.
Vidéo - Maria Sakkari après sa victoire au premier tour de Roland-Garros
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"Je me comparais constamment à la joueuse que j’étais avant"
Juste une question : à quel point es-tu satisfaite de ta réaction dans le deuxième set ? C’était vraiment accroché.
Oui, je crois que j’étais menée 5-2, 40-15, non ? À ce moment-là, j’étais complètement dans ma bulle. J’avais un peu perdu le fil pendant quelques jeux, puis je me suis dit : “OK, on se remet dedans, on fait les bonnes choses, on essaie de retrouver le bon état d’esprit.” Je pense que c’est ce qui m’a permis de revenir. Sinon, elle avait clairement l’avantage et ça aurait pu très mal tourner pour moi. Mais en même temps, ces derniers temps, j’ai beaucoup travaillé sur cette conviction que je peux battre ce genre de joueuses. Entrer sur le court en y croyant, c’était essentiel. Et surtout, ne pas laisser les pensées négatives prendre le dessus sur les positives.
Comment tu travailles là-dessus justement ? Comment tu arrives à y croire ?
Déjà, essayer d’être plus indulgente avec moi-même, c’est fondamental. J’ai tendance à être très dure avec moi-même, c’est dans ma nature, donc ce n’est pas facile à changer. Mais j’essaie d’écrire noir sur blanc les choses auxquelles je veux penser pendant les matches, et de préparer mon état d’esprit les jours précédents pour arriver avec plus de positivité. Ces derniers mois ont été très difficiles, notamment parce que je me comparais constamment à la joueuse que j’étais avant. Et ça, ça m’empêche vraiment de jouer. J’ai réalisé à quel point ça pouvait être destructeur. La semaine dernière a été un déclic : laisser le passé derrière et essayer simplement de profiter et de jouer le tennis dont je suis capable.
C’est bien de te revoir à ce niveau. Tu as déjà réussi de belles performances tôt dans les tournois. Qu’est-ce qui est important pour enchaîner derrière une première victoire comme celle-ci ?
Pour moi, tout est une question de concentration sur la manière dont je veux jouer. Dès que je commence à penser à “et si je perds”, “j’étais numéro 3 mondiale”, “j’allais loin dans tous les tournois”, je perds les bases et je me disperse. Je ne vais pas mentir : c’est comme ça que j’ai pensé ces derniers temps, probablement après Doha. J’avais l’impression de revenir à mon niveau, et du coup je me suis mise une pression énorme avec beaucoup d’attentes. Mais c’est normal, et c’est pour ça que j’en parle ouvertement : je ne veux pas me mentir à moi-même ni vous mentir. Aujourd’hui, je suis contente et prête à relever ce défi. Le plus important pour moi maintenant, c’est justement de ne plus me comparer à la joueuse que j’étais avant.
Le niveau global du circuit semble avoir beaucoup augmenté. Est-ce que tu penses que la joueuse que tu es aujourd’hui pourrait battre celle que tu étais il y a cinq ans ? Est-ce que ton coach te montre des statistiques allant dans ce sens ?
Oui, clairement, le niveau a énormément progressé. Aujourd’hui, personne ne traverse un tableau tranquillement, tout le monde doit se battre. Et quand je joue bien, je pense que je joue mieux qu’avant. Mais à l’époque, j’étais beaucoup plus insouciante. Je n’avais pas toutes ces pensées parasites : “et si je perds”, “et si je ne reviens pas dans le top 5”… C’est très toxique. Avant, j’étais simplement prête à relever le défi, sans me poser de questions. J’allais sur le court et je jouais. C’est cet état d’esprit que je veux retrouver. Et ces derniers jours, ça va déjà beaucoup mieux.
