Tennis. Roland-Garros - Matteo Berrettini après son marathon : "Je doute trop de moi-même"
Par Jeremy MARTIN le 30/05/2026 à 21:29
Matteo Berrettini va retrouver la deuxième semaine d'un Grand Chelem. Ce samedi, l'Italien est venu à bout de Francisco Comesana après une lutte de plus de cinq heures et trois tie-breaks pour finalement s'imposer 7-6[3], 5-7, 6-7[4], 6-4, 7-6[13], au troisième tour de Roland-Garros. Il affrontera Juan Manuel Cerundolo, auteur d’un combat de 6 heures face à Martin Landaluce, devenu le troisième match le plus long de l’histoire à Paris. En conférence de presse, le joueur de 30 ans est revenu plus en détail sur ce gros combat contre Comesana.
Vidéo - Matteo Berrettini après sa victoire marathon au 3e tour
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"Mon service effectivement, c'est le fondement de mon jeu"
Bravo Matteo. Peux-tu nous dire ce qui a fait la différence à la fin dans ce combat épique ?
Je ne sais pas. Peut-être parce que cela faisait cinq ans que je n'avais pas joué ce tournoi, et je voulais jouer encore, mais c'est dur d'avoir des balles de match de part et d'autre. Il fallait un peu aussi de chance, c'est toujours nécessaire. En général, je me souviens de tout, mais là, pour l'instant, j'ai du mal à me souvenir de quoi que ce soit. Je suis heureux d'avoir fini le match. Je me suis senti bien physiquement, mentalement. Je me suis battu sur tous les points du début à la fin. je suis vraiment heureux.
Dans quelle mesure ton service est-il important en général et en particulier aujourd'hui ?
Mon service effectivement, c'est le fondement de mon jeu, mais on a déjà vu par le passé que pour les grands serveurs, y compris moi, si vous n'êtes pas 100 % dans le jeu au plan mental, ça vous laissera tomber au bout d'un moment. Mais là, mon service a bien fonctionné dans les moments cruciaux. Cela montre le fait que j'étais vraiment dans le match mentalement, solidement. Parce que c'est une chose d'avoir une arme, mais c'est une autre chose de savoir comment l'utiliser.
Félicitations. Tu as parlé des nerfs et le fait que c’était serré. Tu peux dire comment cela s'exprime dans ton corps, quels sont les symptômes, pas forcément sur ton tennis mais sur ton corps ?
En général, j'ai toujours senti ça depuis que j'ai commencé à jouer au tennis. Cela fait partie de ce que l'on fait. Vous savez, on court après des balles pendant 5 heures sous le soleil, c'est normal de sentir des tensions. Il est important de bien se détendre, de respirer, d'essayer de respirer plus lentement. Parfois, et ça arrive à tous les joueurs, quand vous devenez tendu, vous vous reposez sur votre force plutôt que sur votre corps. On frappe avec le bras plutôt que de frapper avec le corps, et c'est normal. Ça je m’en souviens, j’ai raté un coup droit à 12 partout. Je ne l’attaquais pas. J’ai raté parce que j'étais nerveux, et quelques centimètres peuvent faire la différence, mais cela fait partie du jeu.
"Je n'avais pas la confiance que j'ai pu avoir il y a quelques années"
Tu as été assez loin dans pas mal de Majors, même si ça fait déjà un certain temps. Dans quelle mesure cela t'aide de te sentir confortable à ce stade, parce qu’il y a pas mal de gens dans le tableau, de garçons, qui n'ont pas eu ces expériences ?
De toute évidence, cela aide de savoir comment on va assez loin dans un Grand Chelem. Comme je l'ai dit, cela fait longtemps que je n'avais pas été aussi loin dans un Grand Chelem. C'est comme dans la vie, il faut trouver un équilibre. Quand je suis arrivé au tournoi, je n'avais pas la confiance que j'ai pu avoir il y a quelques années. Dans le même temps, j'ai pu construire et développer cette confiance. Me retrouver en deuxième semaine à Paris, cela montre que je peux aller loin. Aujourd'hui, j'ai vu dans le match que mes armes et mes coups fonctionnent et physiquement, je suis là.
Félicitations. Tu étais très ému après la balle de match. Qu'est-ce qui t'est venu à l'esprit ? Quels souvenirs sont remontés ?
La chose principale, c'est qu'au cours des mois et années écoulés, j'ai probablement trop douté de moi, bien que j'ai été soutenu par la famille, mon équipe et tout le monde me disait que j'avais ça encore en moi. Je dois avouer que je ne pensais pas revenir. Je ne pensais pas pouvoir me sentir bien sur le court à nouveau. C'est pour ça que j'étais très ému. Je me suis prouvé à moi-même encore une fois que je peux y arriver, profiter d'être sur le court et y arriver.
Quand as-tu ressenti que tu pouvais à nouveau t'entraîner, jouer et être vraiment dans la compétition ?
Comme je l'ai dit, si vous m'avez suivi quand je suis revenu à partir de l'été dernier, je me suis dit : cela va prendre du temps, il va falloir une dynamique, la confiance qui vient de la pratique. Si souvent j'ai été dans la situation où le corps y était mais pas l'esprit, ou l’esprit y était mais pas le corps. Il est très important d'avoir les deux pour jouer son meilleur tennis et pour se battre. Je me sentais assez bien aussi en fin d'année quand j'ai joué la Coupe Davis. Au début de cette année, j'ai fait une très bonne présaison. Malheureusement je me suis fait mal en Australie aux abdos et j'ai beaucoup travaillé pour construire ma mentalité. J'ai confiance en mon corps, tous les tournois que ce soient des Challengers ou des Masters 1 000, cela m'a donné la confiance.
