Tennis. Roland-Garros - Mirra Andreeva en finale: "C'était tout simplement mon rêve..."
Par Jeremy MARTIN le 04/06/2026 à 19:42
La première finaliste de Roland-Garros est connue. Ce jeudi, Mirra Andreeva a survolé sa demi-finale pour prendre le meilleur sur Marta Kostyuk 6-1, 6-3 en 1h17. A seulement 19 ans, la Russe est devenue la première joueuse née en 2007, hommes et femmes confondus, à atteindre une finale de Grand Chelem. Ce samedi, elle visera son premier sacre en Majeur, pour sa première finale, face à Maja Chwalinska ou Diana Shnaider. En conférence de presse,
Vidéo - Mirra Andreeva après sa qualification en finale de Roland-Garros
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"J'étais tellement concentrée que je voyais même les poils de la balle"
Mirra, félicitations pour un très bon résultat dans cette demi-finale. Peux-tu nous dire ce que tu en as pensé ?
Oui, match très difficile pour moi. Je suis ravie de mon niveau. De toute évidence, Marta est une adversaire très difficile. Elle a vraiment une série de victoires incroyables sur la terre battue et je suis très contente d'avoir pu la battre aujourd'hui.
Contre Cirstea, tu as dit que tu étais dans la zone. Aujourd'hui, où en étais-tu ?
J'étais très concentrée sur ce que j'avais à faire sur le court, sur le plan de jeu qu'on avait préparé avec Conchita, sur mon état d'esprit, pour chaque petite chose. Pour certaines balles, j'étais tellement concentrée que je voyais même les poils de la balle quand je lançais ou que je jouais. Je suis quand même très contente d'avoir réussi.
C'est la deuxième fois de suite où tu mènes d'un break, puis tu as débreakée et tu rebreake. Qu'est-ce qui a changé dans ce tournoi pour que tu arrives à revenir dans le match tout de suite après de cette manière.
Je pense que de toute évidence, avant j'étais nerveuse, alors maintenant, bien sûr, je suis toujours nerveuse quand je sers et que je suis breakée, mais avant je me disais : « holà là, si je perds mon service, c'est la fin du monde. » Je me concentrais donc sur le fait de ne surtout pas perdre mon service, ne pas être breakée. Et maintenant, je me dis : « elle m'a breakée ? Je vais essayer de reprendre son service ». Quand je suis nerveuse en servant, je me dis aussi qu'elle aussi peut être nerveuse en servant et je pense maintenant de cette manière et non plus comme je pensais avant.
(Hors micro).
Cette année, je ne sais pas, c'est difficile à dire, disons cette année.
"J'ai l'impression de pouvoir faire pleinement confiance à ce que me dit mon équipe"
On a tous vu la relation de proximité que tu as avec Conchita. Quelles sont les discussions que tu as eues avec elle, cette dernière année, qui t'ont énormément aidée ?
On a beaucoup parlé. Elle m'a donné beaucoup de conseils, elle a parlé de son expérience, mais je pense qu'à ce point de ma carrière, j'étais prête à écouter, prête à changer, prête à travailler sur des éléments nouveaux parce qu'avant, j'écoutais mais je m'en tenais à ce que j’avais fait jusque-là et c'est pour ça que cela ne fonctionnait pas toujours, alors que maintenant, j'ai l'impression de pouvoir faire pleinement confiance à ce que me dit mon équipe et quand ils me disent quelque chose, je le fais. Et maintenant, je me dis que je peux les blâmer si cela ne va pas… Non c'est une blague.
Je fais ce qu'on me dit et je n'ai plus de doute sur ce qu'ils me disent.
Tu as déjà joué en finale, auparavant, pas une finale de Grand Chelem, mais y a-t-il des routines que tu aimes faire avant les finales et quel type de routine ?
Qu'est-ce que tu vas faire dans les 36 heures à venir, en d'autres termes ?
De toute évidence, il y a certaines routines auxquelles j'aime me tenir, mais je ne dirais pas que je vais changer quelque chose ou faire quelque chose de particulier, parce que c'est la finale. En fait, ce que je me dis, c'est que quelle que soit l'étape du tournoi, il faut que je m'en tienne à ce que j'ai fait jusque-là. C'est une finale mais simplement comme d'habitude, je vais m'entraîner, parler du match et m'échauffer et y aller.
On ne sait pas encore contre qui tu vas jouer au prochain tour, mais qu'en est-il si tu joues contre Diana ? Tu la connais bien en tant que partenaire de double. Qu’est-ce que cela fera de partager la scène et cette grande occasion contre elle ? On verra puisqu’elle est encore au premier set. Mais quelle part de ton succès pour arriver en finale peut-on attribuer au fait que tu voulais tous les pin's cette semaine ?
Oui. Si Diana gagne, ce sera de toute évidence un match très intéressant parce qu'on a déjà joué l'une contre l'autre cette année et on se connaît bien ; elle a très bien joué cette semaine. On a discuté à Rome après avoir gagné le tournoi et on a dit : « On se voit à Paris. » Elle m'a dit : « Oui, Paris, je ne sais pas comment je vais faire, je déteste ces courts en terrer battue ». J'ai dit : « Mais non, qu'est-ce que tu racontes ? Tu vas t'en sortir, tu vas y arriver. »
Je suis heureuse de la voir bien jouer. Si elle me rejoint en finale, ce sera super.
Quant aux pin's, il y a aussi des rumeurs sur le fait que si on gagne, on a un pin's tout à fait spécial ; un pin's mystère que personne n'a vu. C'est effectivement une motivation, obtenir le dernier pin's du tournoi.
"C'était assez imprévisible avec le vent"
Tu es encore très jeune mais tu t'es retrouvée à ce stade du tournoi il y a deux ans. Est-ce que cela n'était pas un peu tôt dans ta carrière ?
Je pense qu'il y a deux ans, quand j'étais en demi-finale, je ne croyais pas que j'étais en demi-finale, je me disais « Ce n'est pas possible ». Je ne pensais pas que je pouvais aller plus loin et gagner davantage de matches encore et je ne sais pas si cela a interféré dans la demi-finale, mais, en fait, je dirais aussi que cette année-là, Jasmine m'a totalement achevée sur le court. Je ne pensais pas avoir beaucoup de chance de gagner alors que maintenant, en avançant en âge, je mûris et j'ai plus d'expérience. Maintenant, je me rends compte que je peux aborder chaque match différemment et me concentrer sur l'adversaire contre laquelle je vais jouer au prochain tour.
Pour revenir au match, il y avait beaucoup de vent aujourd'hui et Marta semblait avoir du mal avec le vent, alors que toi tu avais l'air de bien gérer. Qu’as-tu pensé, quand ils ont commencé à fermer le toit ? Est-ce que tu penses que c'est quelque chose qui t'aurait peut-être dérangée avant dans ta carrière et pas cette fois ?
Oui, j'ai pensé que les conditions étaient difficiles pour nous deux. C'était assez imprévisible avec le vent. Le vent allait dans un sens ou dans l'autre. Ce n'était pas un peu : si je joue de ce côté-là, le vent va aller dans tel sens. Le vent changeait et tournait constamment mais quand ils nous ont dit qu'ils allaient fermer le toit parce qu'ils attendaient une grosse averse, je me suis dit : « Bon, c'est un moment incroyable ». Je menais 4 à 1 et je me suis dit : « Après tout, c'est mieux que le toit soit fermé plutôt que d'arrêter le match à cause de la pluie ». Mais j'avais eu le sentiment que ce n'était pas le meilleur moment pour moi pour cela. Puis, je me suis dit : « Les directeurs du tournoi savent mieux que moi. » Evidemment, j’ai perdu deux jeux tout de suite après, mais j’ai essayé de rester concentrée sur chaque point.
Est-ce que tu penses que tu aurais réagi différemment par le passé ?
Peut-être, peut-être. Si j'avais perdu deux jeux de suite, j'aurais peut-être mal réagi mais, après tout, je me suis dit : « Elle aussi elle doit servir pour confirmer le break ». Je me suis dit : « Cela va lui mettre u un peu plus la pression, donc oublie ce qu'il s'est passé et joue le point suivant et on verra. »
"Je ne sais pas vraiment comment elle joue, je n'ai pas eu l'occasion de vraiment voir"
Si tu joues contre Diana, cela pourrait être un derby russo-russe. Il y a eu beaucoup de commentaires en Ukraine là-dessus. Qu'en penses-tu ?
J'essaie de ne rien lire, rien écouter quand je suis en tournoi. Peut-être que vous ne le savez pas, mais on est très occupé, on a des emplois du temps très chargés, jour après jour ; entre l'entraînement, la récupération, le temps d'arriver à l'hôtel, il peut être 7 heures du soir. Je me concentre sur le match, ma routine et c'est tout ce que je fais quand je suis en tournoi.
Que penses-tu du challenge si tu rencontres Maja ? Tu ne l'as jamais rencontrée ?
Non, je ne l'ai jamais rencontrée, mais elle a joué d'une manière incroyable pendant ces deux semaines, voire trois semaines puisqu'elle vient des qualifications.
De toute évidence, si elle gagne ce match, comme je l'ai dit, ce sera vraiment intéressant, parce que je n'ai jamais joué contre elle. Ce sera un nouveau match pour nous deux. Je ne sais pas vraiment comment elle joue, je n'ai pas eu l'occasion de vraiment voir. Mais quelle que soit la vainqueur de ce match, on se préparera au mieux.
Si on t'avait demandé il y a deux semaines si tu serais en finale de Roland-Garros, qu’aurais-tu répondu, puisque tu n’étais pas forcément considérée comme une des favorites ? Est-ce qu’en toi-même tu savais que tu pourrais aller en finale ?
Je me serais dit : « Ce serait super d'être en finale », mais je n'étais pas vraiment concentrée là-dessus, au début du tournoi. Cette semaine en particulier, j'ai essayé de gagner chaque match que je jouais, j'ai essayé de me concentrer sur les matchs un par un et de faire tout mon possible, mais je me disais : « Ce serait super », mais je ne sais pas si cela va se passer. Si vous m'aviez dit ça au début du tournoi, je vous aurais dit : « Ok, pourquoi pas », mais je n'y aurais pas vraiment cru.
"J'aime beaucoup marcher dans la ville, aller dans les petits restaus, dans les rues"
Quand tu as commencé à jouer au tennis en Sibérie, qu'est-ce que tu pensais à l'époque ? Est-ce que tu pensais pouvoir être en finale ou gagner un Grand Chelem ?
Je n'ai jamais pensé que je pourrais gagner de grands tournois ou être en finale de Grands Chelems. Tout cela, c'étaient des rêves. Je ne sais pas comment pensent les autres joueurs de tennis mais c'était un objectif, un rêve, c’était mon objectif n° 1 dans la vie, la chose la plus importante, mon plus grand rêve. Je ne pensais pas être proche d'atteindre ce rêve. Maintenant, je suis vraiment très heureuse. En revanche, à l’époque, je ne pensais pas que cela se réaliserait.
Aujourd’hui, tu as beaucoup parlé des enseignements tirés de ton expérience et de ce qui t’est arrivé ces dernières. Tu es encore jeune, mais il semble que tu as pas mal d'expérience déjà et de matches derrière toi.
Je ne suis pas sûre d'avoir entendu la question.
Je serais curieux de savoir si tu te sens expérimentée, compte tenu de ton jeune âge ?
Par ailleurs, est-ce que tu as tes Diamond painting avec toi ?
Je vais d’abord répondre à la deuxième question : j'ai fini ma peinture. J’étais censée faire notre chien Rassy ; je l’ai fini et je ne sais pas ce que je vais faire à présent. Il faudrait que je pense à quelque chose à faire dans mon temps libre.
Pour ce qui est de l'expérience, je me sens un peu plus expérimentée, mais j'ai aussi le sentiment qu'il faut que je saisisse tous les enseignements possibles de chaque match, différents, qu’il s’agisse d’une victoire ou d’un match perdu. Mais de toute évidence, je suis plus expérimentée que l’an dernier.
Tu vas jouer ta première finale de Grand Chelem à Paris. Peux-tu nous dire ce que tu préfères en France et quels sont tes liens avec Paris ?
Si on parle du tournoi lui-même, j'adore l'atmosphère, les courts en terre battue, et aussi la nourriture. À chaque fois que je viens ici, je retrouve les mêmes personnes qui travaillent ici. Cela donne une impression de confort, parce que l'on connaît presque tous les gens qui travaillent ici et, vraiment, je me sens plus à l'aise.
J'aime beaucoup marcher dans la ville, aller dans les petits restaus, dans les rues. Je parle un tout petit peu le français, alors j'essaie de parler aux gens en français. Il y a toutes sortes de petites choses.
Tu viens de dire que tu arrivais à voir les poils sur les balles aujourd'hui. Peux-tu nous en dire plus ? Est-ce une technique de visualisation que tu apprends hors du court ?
On a essayé de travailler sur le fait que je devais être plus calme, plus positive et plus concentrée. Récemment, j'ai fait pas mal d'exercices et j'ai trouvé ce qui fonctionne bien pour moi. J'essaie donc de m'y tenir et de le faire pour chaque match que je joue, à chaque fois.
Jusqu'à présent, cela a bien marché ! C'est pourquoi j'ai dit que, j'étais tellement concentrée que je pouvais voir les poils des balles. Mais c'est une chose de voir les poils des balles pendant un ou deux points, ou de les voir sur tout le match. Cela a été un des matchs où j'ai été concentrée sur la balle tout le match. Et je suis très heureuse de voir que ce qu'on a fait hors du court fonctionne.
