Tennis. US Open - La wild-card française, déjà un casse-tête pour la FFT et Ljubicic...
Par Alexandre HERCHEUX le 02/06/2026 à 17:07
Ce mardi à Roland-Garros, Ivan Ljubicic a reconnu que la wild-card française pour l’US Open, côté messieurs, allait poser un vrai casse-tête à la FFT. Entre l’hypothèse d’une dernière invitation pour Gaël Monfils à New York, les Français proches du cut du tableau principal et les jeunes à accompagner, la Fédération va devoir arbitrer finement après Wimbledon.
Vidéo - Ivan Ljubicic a parlé de la wild-card FFT pour l'US Open 2026
La question était directe. La réponse aussi. Interrogé sur un potentiel casse-tête pour la wild-card pour l’US Open, Ivan Ljubicic n’a pas tourné autour du pot : "Oui !" Le directeur du haut niveau à la FFT sait que le dossier peut vite devenir brûlant. Grâce à l’accord de réciprocité avec l’USTA, la Fédération française peut proposer un joueur et une joueuse pour intégrer le tableau principal du dernier Grand Chelem de la saison. Mais chez les hommes, la situation est loin d’être simple.
Gaël Monfils, le cas sentimental... mais pas seulement
Le premier nom qui vient forcément en tête est celui de Gaël Monfils. À 39 ans, le Parisien dispute sa dernière saison et a déjà vécu son dernier Roland-Garros. Une dernière apparition à l’US Open, où il a souvent brillé par le passé et où son tennis spectaculaire a toujours trouvé un public, aurait évidemment du sens. Ljubicic l’a d’ailleurs reconnu : il a demandé à Monfils de faire directement une demande auprès de l’US Open. "On va essayer", a-t-il expliqué, tout en rappelant qu’il ne serait pas seul à décider.
Le problème, c’est que la FFT ne peut pas raisonner uniquement à l’émotion. Une wild-card reste une invitation sportive, et Ljubicic l’a bien rappelé : "Il faut mériter d’être dedans." Monfils est actuellement loin du cut du tableau principal, mais son statut, sa carrière et le contexte de sa dernière saison peuvent peser lourd dans la balance.
Des joueurs proches du Top 100 peuvent tout changer
L’autre difficulté vient du nombre de Français situés autour de la zone d’entrée directe. Benjamin Bonzi, Alexandre Müller, Titouan Droguet ou encore Hugo Gaston sont tous dans une zone sensible. Certains peuvent encore entrer directement dans le tableau selon les forfaits, les points marqués sur gazon ou pendant l’été. D’autres peuvent aussi se retrouver tout près du cut sans avoir besoin d’un énorme exploit.
C’est précisément ce scénario qui complique la décision. Ljubicic a donné un exemple parlant : si un joueur français classé autour de la 110e place réalise une finale à Montréal, que faut-il faire ? Lui donner la wild-card au nom de la dynamique sportive ? Privilégier Monfils pour une dernière à New York ? Récompenser un joueur régulier toute l’année ? Ou miser sur l’avenir ?
Moïse Kouame, les jeunes et la logique d’avenir
Le dossier Moise Kouame peut aussi exister dans la réflexion, même si son classement reste encore loin du tableau principal. Révélation tricolore de Roland-Garros, le joueur de 17 ans a marqué les esprits par son attitude, son ambition et sa capacité à gérer l’événement. Ljubicic a longuement salué sa maturité, tout en appelant à ne pas griller les étapes. Pour la FFT, le débat est classique : faut-il offrir une expérience en Grand Chelem à un jeune très prometteur ou réserver l’invitation à un joueur déjà plus proche du niveau requis ?
Le cas est d’autant plus sensible que la Fédération veut accompagner une génération 2009 jugée très intéressante. Mais une wild-card à l’US Open, en trois sets gagnants, sur dur, dans un environnement très différent de Roland-Garros, n’a rien d’anodin. La logique de développement doit donc être pesée face à la logique de performance immédiate.
