Tennis. Wimbledon - Cinq chiffres qui racontent une saison WTA sur gazon imprévisible
Par Alexandre HERCHEUX le 17/07/2026 à 11:24
La saison sur gazon ne s’est pas seulement résumée au sacre de Linda Noskova à Wimbledon. Entre les six tournois de préparation organisés à Queen’s, Berlin, Bad Homburg, ’s-Hertogenbosch, Nottingham et Eastbourne, puis le Grand Chelem londonien, le circuit féminin a livré plusieurs records étonnants. Dans son bilan statistique, la WTA a notamment mis en lumière les parcours de Noskova, Karolina Muchova, Robin Montgomery et Donna Vekic. Cinq données permettent de mesurer le caractère imprévisible de cette séquence sur herbe.
1. Noskova et Muchova avaient toutes les deux sauvé une balle de match
Avant de se retrouver sur le Centre Court, Linda Noskova et Karolina Muchova étaient passées à un point de l’élimination. La future championne avait écarté une balle de match contre Sorana Cirstea au troisième tour, avant de s’imposer 2-6, 6-3, 7-6(9). Muchova avait ensuite sauvé une occasion de conclure face à Coco Gauff en demi-finale, remportée 6-2, 1-6, 7-6(10). Jamais, depuis le début de l’ère Open, une finale dames de Wimbledon n’avait opposé deux joueuses ayant chacune sauvé une balle de match pendant le tournoi. La dernière finale de Grand Chelem répondant à ce scénario remontait à l’Open d’Australie 2018 entre Caroline Wozniacki et Simona Halep.
2. La première finale 100 % tchèque en Grand Chelem dans l’ère Open
La victoire de Linda Noskova contre Karolina Muchova, 6-2, 5-7, 6-3, a également marqué une première pour le tennis tchèque. Jamais deux représentantes de la Tchéquie ne s’étaient affrontées en finale d’un tournoi du Grand Chelem depuis le début de l’ère Open. Il s’agissait seulement de la dixième finale entre deux joueuses tchèques sur le circuit principal depuis l’indépendance du pays, en 1993. Plus largement, aucune finale majeure n’avait opposé deux compatriotes depuis le succès de Sloane Stephens contre Madison Keys à l’US Open 2017. À Wimbledon, il fallait remonter au duel entre Serena Williams et Venus Williams en 2009. Muchova arrivait pourtant lancée par dix victoires consécutives, après son titre au WTA 500 de Bad Homburg.
3. Montgomery titrée en étant seulement 484e mondiale
Le parcours le plus improbable de la saison sur gazon appartient probablement à Robin Montgomery. Classée 484e mondiale au début du WTA 250 de ’s-Hertogenbosch, l’Américaine a dû franchir les qualifications avant d’atteindre sa première finale sur le circuit principal. Elle a finalement décroché le titre sans disputer la finale, Barbora Krejcikova ayant déclaré forfait en raison d’une maladie. En excluant les joueuses non classées, Montgomery est devenue la troisième championne la moins bien classée de l’ère Open. Seules Angelique Widjaja, 579e lors de son titre à Bali en 2001, et Elina Svitolina, 508e à Strasbourg en 2023, avaient remporté un tournoi avec un classement inférieur.
4. Montgomery a gagné 290 places après son titre
La jeune Américaine n’avait plus gagné un match dans un tableau principal WTA depuis Roland-Garros 2025. Absente pendant neuf mois après une opération au poignet, elle n’avait repris la compétition qu’en avril 2026. Son parcours néerlandais a failli s’arrêter dès son premier match des qualifications. Menée par Yuan Yue, Montgomery s’en était sortie 6-7(4), 7-6(1), 6-1. Elle a ensuite frappé 55 aces en six rencontres pour atteindre la finale. Cette semaine lui a permis de gagner 290 positions et de passer de la 484e à la 194e place mondiale. Un bond spectaculaire pour une joueuse qui n’avait participé qu’à son troisième tableau principal de la saison.
5. Vekic, première lucky loser titrée dans un WTA 500
Le tournoi de Donna Vekic à l’ATP 500 de Queen’s — devenu une épreuve WTA 500 dans sa version féminine — avait commencé par une défaite. Battue par Anna Blinkova au dernier tour des qualifications, la Croate avait finalement intégré le tableau après le forfait sur blessure de Marta Kostyuk. Une semaine plus tard, Vekic dominait Emma Raducanu 6-0, 7-6(6) en finale pour décrocher le cinquième titre de sa carrière et le plus important. Elle est devenue la septième lucky loser sacrée sur le circuit féminin dans l’ère Open, mais surtout la première à réussir cette performance dans un tournoi de catégorie WTA 500 ou d’un niveau équivalent. La précédente lucky loser titrée était Sara Sorribes Tormo, à Cleveland en 2023.
