Tennis. WTA - Toronto - Alexandra Eala déclenche une fièvre nationale : "L'Eala-mania"
Par Alexandre HERCHEUX le 05/08/2026 à 10:19
Le titre décroché par Alexandra Eala au WTA 500 de Washington n’a pas simplement offert aux Philippines leur première championne sur le circuit WTA. Il a amplifié un phénomène qui commence à modifier concrètement la place du tennis dans un pays traditionnellement tourné vers le basket, la boxe et le billard. Depuis l’ascension de la joueuse de 21 ans, les cours, les stages et les terrains sont de plus en plus difficiles à réserver.
Certains clubs ont commencé à remettre en état d’anciennes installations et la fédération philippine bénéficie d’un intérêt accru. Une évolution spectaculaire pour un sport longtemps considéré comme réservé aux catégories les plus aisées. "Tout le monde vient me voir lorsque je retourne à Manille en me disant qu’il est devenu très difficile de trouver un court. C’est une bonne chose, car lorsque j’étais plus jeune, les terrains étaient vides et personne ne jouait", a expliqué Alexandra Eala.
Courts complets, stages pris d’assaut : l’effet Eala devient concret
La popularité d’Alexandra Eala ne se mesure plus uniquement au nombre de drapeaux philippins visibles dans les tribunes. Dans son pays, la demande pour jouer au tennis augmente fortement. Des cours et des camps sont annoncés complets, tandis que certains clubs profitent de cette dynamique pour rénover des courts jusque-là peu utilisés. Le contraste est important pour Eala. La gauchère a découvert le tennis sur des terrains de basket repeints à Quezon City, avant de rejoindre la Rafa Nadal Academy en Espagne grâce à une bourse, à l’âge de 13 ans. Son parcours reste donc difficilement reproductible pour une grande partie de la jeunesse philippine.
La nouvelle star du tennis asiatique a d’ailleurs insisté sur la nécessité de développer davantage de terrains publics, de rendre le matériel plus accessible et d’améliorer l’état des installations existantes. La popularité actuelle pourrait offrir une occasion rare d’accélérer ces transformations. Des retransmissions collectives sont également organisées à travers le pays. En raison du décalage horaire avec l’Europe et l’Amérique du Nord, certains supporters se réunissent jusque tard dans la nuit pour suivre ses rencontres.
Toronto déjà touché par l’“Eala-mania”
À peine arrivée au WTA 1000 de Toronto, Alexandra Eala a provoqué le même effet. La session comprenant son premier match contre Alycia Parks, programmé mercredi soir sur le court central, s’est vendue presque immédiatement après l’annonce de l’horaire. "On m’a dit que le stade serait plein. Je suis très impatiente de découvrir cette atmosphère. C’est agréable de voir que la communauté philippine répond présente, apprécie le tennis et contribue, je l’espère, au développement de ce sport", a déclaré la tête de série numéro 25. Eala sera également au centre de l’attention en double. Elle a reçu une invitation avec Venus Williams et retrouvera jeudi soir Miyu Kato et Liudmila Samsonova.
Une nouvelle icône sportive aux Philippines
L’importance prise par Alexandra Eala dépasse désormais ses résultats. Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. l’avait déjà reçue au palais de Malacañang après son parcours jusqu’en huitièmes de finale à Wimbledon. Son titre à Washington a ensuite entraîné une nouvelle vague de félicitations nationales. Manny Pacquiao, longtemps principale figure sportive du pays, l’a notamment qualifiée de "notre nouvelle championne" et a salué le "cœur philippin" montré pendant sa remontée contre Pegula.
