Tennis. WTA - Toronto - Loïs Boisson se livre : "18 mois de rééducation en 26 mois..."
Par Alexandre HERCHEUX le 29/07/2026 à 10:33
Loïs Boisson a choisi de briser le silence. Peu présente sur les réseaux sociaux depuis sa défaite au premier tour de Wimbledon, la Française a publié mercredi un long message afin d’expliquer son absence et de revenir sur les difficultés traversées depuis plus de deux ans. La Dijonnaise a confirmé s’être blessée lors de sa chute face à Elena Rybakina, le 30 juin dernier. Pour sa première apparition dans le tableau principal du Grand Chelem londonien, Boisson avait sérieusement bousculé la tête de série numéro 2 avant de s’incliner 6-4, 1-6, 6-3.
"J’ai fait une mauvaise chute pendant mon match à Wimbledon, provoquant une hyperextension du genou. Rien de grave, heureusement, mais cela a nécessité quelques semaines de récupération et m’a obligée à déclarer forfait à Hambourg", a-t-elle expliqué.
"J’ai passé plus de temps en rééducation que sur un court de tennis"
La blessure ne présenterait donc pas de caractère sérieux, mais elle a contraint Loïs Boisson à renoncer au WTA 250 de Hambourg. Un forfait particulièrement difficile à accepter puisque la Française devait défendre le premier titre de sa carrière sur le circuit principal, remporté en 2025 contre Anna Bondar. Cette absence a également eu d’importantes conséquences au classement. Après la perte des points de son titre allemand, Boisson apparaît désormais à la 292e place mondiale, alors qu’elle avait atteint le 34e rang au début de l’année 2026.
Mais au-delà de cette nouvelle alerte physique, la joueuse de 23 ans a surtout voulu revenir sur l’accumulation des périodes d’arrêt et de rééducation. "Au cours des deux dernières années, j’ai passé plus de temps en rééducation que sur un court de tennis : 18 mois de rééducation sur les 26 derniers. Cela a été long. Cela a été difficile, surtout mentalement", a-t-elle confié.
"Des moments d’anxiété, de doute et un sentiment d’injustice"
En mai 2024, alors qu’elle se rapprochait du Top 100 et semblait promise à une invitation pour Roland-Garros, la Française avait subi une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche au WTA 125 de Paris. Éloignée des courts pendant neuf mois, elle avait réussi un retour spectaculaire en 2025. Sa demi-finale à Roland-Garros, obtenue après des victoires contre Jessica Pegula et Mirra Andreeva, puis son titre à Hambourg l’avaient propulsée jusqu’aux portes du Top 30.
La suite s’est révélée beaucoup plus délicate. Touchée à l’adducteur puis au quadriceps gauche durant la deuxième partie de la saison 2025, elle avait arrêté de jouer après le WTA 1000 de Pékin. Des douleurs au poignet et à l’avant-bras droit avaient ensuite retardé son retour en 2026. Boisson a reconnu que cette succession de problèmes avait fini par peser sur son état d’esprit. "Il y a eu des moments d’anxiété et de doute, et surtout ce sentiment d’injustice qui prend le dessus quand on sait comment tout s’est passé, et à quel point je fais preuve de discipline et d’investissement chaque jour", a-t-elle poursuivi.
"Peut-être qu’il n’y a pas de réponse"
La Française a expliqué avoir longtemps cherché une explication à cette accumulation de blessures. Une interrogation qu’elle avait déjà exprimée au printemps, lorsqu’elle reconnaissait avoir besoin de retrouver confiance en son corps. "Il y a eu tellement de journées passées à me demander : pourquoi ? Puis j’ai compris qu’il n’y avait peut-être pas de réponse. Peut-être que cela fait simplement partie de mon parcours, du chemin que je dois emprunter, pour me battre et continuer à avancer", a écrit Boisson.
Malgré les doutes, la championne du WTA 250 de Hambourg 2025 refuse de considérer ces mois difficiles comme du temps totalement perdu. Elle veut également utiliser ces épreuves pour mieux comprendre son corps, adapter son fonctionnement et poursuivre son rêve. "Pour devenir encore meilleure, voir la vie différemment, grandir, comprendre mon corps, apprendre comment je dois fonctionner, comment je dois penser, apprécier ce parcours, continuer à poursuivre ce rêve et simplement vivre", a-t-elle ajouté.
Toronto comme prochain objectif pour Loïs Boisson
Pour conclure, Loïs Boisson a affiché un état d’esprit beaucoup plus conquérant : "Le meilleur reste à venir. Allons-y. Version 2.0 ? Le travail n’est pas terminé." La Française a accompagné son message d’une mention du WTA 1000 de Toronto, disputé du 2 au 13 août sur dur. Le tirage au sort du tableau féminin doit être effectué vendredi 31 juillet. Son message indique clairement que le tournoi canadien constitue son prochain objectif. Boisson dispose par ailleurs d’un classement protégé à la 37e place, grâce auquel elle figure déjà dans le tableau principal du prochain US Open.
