Tennis. Matchs truqués - Quentin Folliot raconte l'engrenage : "Quand on a dit oui..."
Par Alexandre HERCHEUX le 15/10/2026 à 17:30
Suspendu vingt ans par l'Agence internationale pour l'intégrité du tennis (ITIA) pour son implication dans une affaire de matchs truqués, Quentin Folliot sort du silence. Dans une interview accordée au Parisien ce jeudi 15 octobre 2026, l'ancien 488e mondial reconnaît avoir volontairement perdu quatre rencontres contre de l'argent. Mais le Français conteste fermement son rôle présumé d'organisateur d'un réseau de corruption. Il raconte également les pressions subies et les conséquences de cette affaire sur sa vie personnelle.
French tennis player Quentin Folliot has been suspended for 20 years following 27 breaches of the Tennis Anti-Corruption Program. https://t.co/MqgnJkzYzE https://t.co/gcnePIV3I9
— International Tennis Integrity Agency (@itia_tennis) December 11, 2025
"L’ITIA prétend aussi que j’ai entravé l’enquête, c’est complètement bidon"
L'ancien 488e mondial explique avoir été approché à plusieurs reprises par des joueurs ou des parieurs avant de céder. "On m’avait approché plus d’une fois avant que j’accepte, des joueurs ou des parieurs. J’ai toujours refusé, jusqu’à ce que je me dise que c’était la seule façon de pouvoir continuer à jouer. Je devais de l’argent à mes parents et je ne pouvais plus les rembourser. C’était soit arrêter, soit me laisser une chance d’être enfin rentable. Mais quand on a dit « oui » une fois, c’est fini, il n’y a plus de retour en arrière. C’est une pression constante et on a peur des représailles. Plusieurs fois, le « Bulgare » qui gérait le réseau m’a dit : « Si tu ne truques pas le match pour moi, je t’envoie mes gars."
"L’ITIA veut m’en attribuer onze, dont huit où je jouais. Je n’ai reconnu que quatre infractions lorsque j’ai été interrogé par la justice. On dit que j’ai perçu 44 000 dollars, c’est plus autour de 20 000 ou 25 000. J’ai dû toucher une fois 7 000 et les autres 3 000 ou 4 000. L’ITIA prétend aussi que j’ai entravé l’enquête, c’est complètement bidon. Ils ont gardé mon téléphone pendant deux jours, j’ai toujours coopéré, j’ai fait des dizaines d’interrogatoires. De toute façon, quand on regarde les sanctions de l’ITIA, elles n’ont souvent rien à voir avec la réalité des dossiers. Dans mon cas, c’est démesuré."
