Tennis. Open d'Australie - Carlos Alcaraz a résisté aux crampes : "Je déteste abandonner"
Au terme d’une demi-finale suffocante à l’Open d’Australie 2026, disputée ce vendredi 30 janvier sur la Rod Laver Arena, Carlos Alcaraz a fini par faire craquer Alexander Zverev dans un cinquième set irrespirable, après 5h27 de combat, 6-4, 7-6(5), 6-7(3), 6-7(4), 7-5. En grande difficulté physiquement à partir de la troisième manche, à cause de crampes, le numéro 1 mondial s'est arraché pour finalement l'emporter, alors qu'il était mené 5-3 dans l'ultime acte. Avec cette performance, Alcaraz tient sa huitième finale en Grand Chelem et aura l'occasion de glaner un septième titre, le premier à Melbourne, face à Novak Djokovic, invaincu en 10 finales en Australie. Il se retrouve surtout à une victoire du Grand Chelem en carrière et serait le plus jeune à réussir cette prouesse.
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"Il n’y a pas eu une seule seconde où j’ai pensé à abandonner"
Où classes-tu cette victoire incroyable parmi tes meilleures victoires en carrière ?
Je pense que, comme je l’ai dit sur le court, c’est l’un des matches les plus exigeants que j’aie joués jusqu’ici. Physiquement, on s’est poussés l’un l’autre jusqu’à la limite aujourd’hui. On a poussé nos corps au maximum, et je trouve que le niveau dans le cinquième set était vraiment, vraiment très élevé. Donc je suis vraiment très heureux d’avoir gagné, d’être revenu. Oui, je place ce match tout en haut, parmi les meilleures victoires que j’aie obtenues.
Après le premier jeu du quatrième set, on a eu l’impression que tu allais serrer la main de Sascha. Y a-t-il eu un moment où tu ne pensais pas pouvoir continuer ?
Non, non, non. J’ai vu la vidéo et j’ai vu les gens en parler, mais il n’y a pas eu une seule seconde où j’ai pensé à abandonner. En fait, c’était juste une situation où parfois je le laisse passer devant, parfois il me laisse passer devant. Sur cette vidéo, c’était juste “qui passe en premier”, c’est tout.
"Je déteste abandonner. Je déteste cette sensation après coup"
Tu parles souvent de croire en toi dans toutes les situations et tous les matches. D’où vient cette croyance ? Pourquoi tu y arrives même là où beaucoup d’autres joueurs perdraient la foi ?
Parce que je déteste abandonner. Je déteste cette sensation après coup. Je n’ai pas envie de ressentir ça. Il y a des moments où on peut avoir l’impression que je lâche, que je ne me bats plus, et quand j’étais plus jeune, ça m’est arrivé : je ne voulais plus me battre, ou j’abandonnais mentalement. Puis j’ai mûri, et je déteste ce sentiment après. Me dire “ok, je pouvais le faire”, “je pouvais faire un peu plus”, “je pouvais souffrir un peu plus”… ces pensées-là me détruisent. Chaque pas de plus, chaque seconde de souffrance en plus, chaque seconde de combat en plus, ça vaut toujours le coup. C’est pour ça que je me bats jusqu’à la dernière balle et que je crois toujours que je peux revenir, quelle que soit la situation.
Si tu devais choisir entre gagner cet Open d’Australie et devenir le plus jeune à réaliser le Grand Chelem en carrière, ou gagner les trois autres Grands Chelems cette année, que choisirais-tu ?
Je choisirais celui-ci. Oui. Même si je faisais la finale des trois autres… (rires) je dirais que je préfère gagner celui-là plutôt que les trois autres, compléter le Grand Chelem et être le plus jeune à le faire.
"Je ne pensais pas que c’était une crampe au départ"
Sascha était frustré à propos du moment où tu avais des crampes et où tu as eu un temps mort médical. Peux-tu expliquer ce que tu avais exactement, et si tu penses que c’était dans les règles ?
C’était un match très exigeant. Évidemment, j’ai déjà eu des crampes, et au début, comme c’était très localisé sur un seul muscle, je ne pensais pas que c’était une crampe au départ. Je ne savais pas exactement ce que c’était, parce que je suis allé défendre sur un coup droit et j’ai commencé à sentir quelque chose à l’adducteur droit. C’est pour ça que j’ai appelé le physio : à ce moment-là, c’était seulement là. Le reste des jambes, la jambe gauche allait bien… enfin, pas “bien”, mais correct.
Et ensuite, avec tout le stress, le fait de ne pas savoir ce qui se passait, de ne pas savoir si ça allait empirer ou non… au final, tout est venu d’un coup. Sur le moment, j’ai expliqué au physio : “j’ai couru côté coup droit et j’ai senti l’adducteur droit”. C’est lui qui a décidé de prendre le temps mort médical, et il l’a fait. Encore une fois, je lui dis ce qui se passe et lui décide de prendre le médical.
Tu le ressentais avant, ou c’est arrivé seulement à ce moment-là, dans ce jeu à 4-4 ?
Non, je le sentais un petit peu avant. Ça a juste augmenté quelques jeux plus tard.
"Évidemment je suis fatigué. Mon corps pourrait aller mieux"
Pour être clair : est-ce que tu as une blessure maintenant, et comment tu te sens ?
Évidemment je suis fatigué. Mon corps pourrait aller mieux, pour être honnête, mais je pense que c’est normal après cinq heures et demie. Donc je vais faire tout ce qu’il faut pour être mieux, pour me sentir mieux demain : bain de glace etc... Je vais avoir un traitement avec le physio maintenant, et on verra. J’espère que ce ne sera rien du tout, mais après un match de cinq heures et demie et un niveau physique pareil, je pense que les muscles vont être tendus. Je dois faire tout ce qu’il faut pour être aussi bien que possible pour la finale.
À quoi ressemble le reste de ta nuit après un match comme ça ? Plus de récupération ? Tu regardes l’autre demi-finale ? Tu fêtes ça avec ton équipe ? Tu te couches quand ?
J’ai regardé l’autre demi-finale, les deux premiers sets. Et là, oui, comme je l’ai dit, je vais essayer de faire tout ce qu’il faut pour être prêt. Mais ça va prendre quelques heures, c’est sûr, entre les soins, etc. Et avec l’adrénaline et tout ce qui vient du match, parfois c’est vraiment difficile de s’endormir. Je vais essayer de dormir le plus tôt possible, mais ça va probablement prendre quelques heures, c’est certain.

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