Tennis. Roland-Garros - Arthur Rinderknech : "On s'éclate avec Lucas Pouille"
Par Alexandre HERCHEUX le 23/05/2026 à 12:57
Tête de série n°22 à Roland-Garros 2026, Arthur Rinderknech arrive Porte d’Auteuil avec des certitudes retrouvées avant son premier tour contre le qualifié autrichien Jurij Rodionov. Touché au mollet ces dernières semaines, le Français a rassuré en conférence de presse : après trois matchs disputés, dont deux en trois sets, il n’a ressenti “aucune gêne, aucune sensation, aucune douleur”. Né en région parisienne et grandi à quelques kilomètres de Roland-Garros, Rinderknech retrouve aussi une terre battue qu’il connaît par cœur, lui qui assure y avoir “grandi” et y avoir souvent signé ses meilleurs résultats. Porté par son duo avec Lucas Pouille, bientôt vieux d’un an, le Tricolore veut désormais “tout envoyer” dans un tournoi où il nourrit, comme chaque Français, une immense envie de bien faire.
Vidéo - Arthur Rinderknech avant de débuter Roland-Garros 2026
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"Aucune gêne, aucune sensation, aucune douleur du tout"
Comment tu te sens ? Est-ce que tu as des inquiétudes sur tes petites blessures et comment tu te sens ?
Non, ça, c’est totalement derrière moi. J’ai fait trois matchs cette semaine, avec deux d’entre eux en trois sets, donc aucune gêne, aucune sensation, aucune douleur du tout. Donc ça prouve que les précautions qu’on a prises avec le docteur de la Fédé étaient bonnes et judicieuses, qu’on a fait ça de la bonne manière. Ça va à merveille, aucune sensation au niveau du mollet. Ça, c’est une très bonne chose. Maintenant, il n’y a plus qu’à tout envoyer cette semaine.
Quand on s’était vus à Monte-Carlo, tu avais fait deux bons matchs et tu disais que tu attendais avec grande impatience de retrouver Roland-Garros. Comment tu t’es préparé jusqu’ici et comment tu vas vivre ce premier moment ?
C’est toujours le cas pour n’importe quel Français. Encore plus un peu Parisien d’origine, banlieusard d’origine. J’ai grandi à quelques kilomètres d’ici. Donc c’est toujours un immense plaisir et une grande volonté de bien faire tous les ans ici à Paris. Donc plein d’envies et hâte que le tournoi commence.
"J’ai grandi sur terre battue, toute ma jeunesse"
Tu évoquais un petit peu ton rapport avec la terre battue. Est-ce que c’est une surface sur laquelle tu t’es tout de suite senti bien ? Est-ce que tu as appris à jouer sur la terre battue ?
J’ai grandi sur terre battue, toute ma jeunesse. J’ai appris à jouer sur terre battue, j’ai joué sur terre battue jusqu’à mes 18 ans, comme beaucoup de Français. Mais j’ai grandi sur terre battue. C’est vrai que je suis parti aux États-Unis entre 18 et 22 ans, où j’ai beaucoup moins joué sur terre battue, beaucoup plus sur GreenSet, donc je me suis plus familiarisé avec le dur. Mais derrière, j’ai repris ces bases de terre battue que j’avais de mes jeunes années une fois que je me suis lancé sur le circuit.
Donc je l’appréhendais beaucoup. Mes meilleurs résultats, tous les ans, viennent de la terre battue. Je pense que l’année dernière a été une année un petit peu différente parce que j’avais eu quelques soucis, on va dire, en dehors du court, plus soucis mentaux que de choses. Donc je n’avais pas forcément très bien performé, mais ça n’avait rien à voir avec la surface. Ça aurait été n’importe quelle surface que c’était pareil. Mais sinon, j’ai toujours eu mes meilleurs résultats, ou presque, sur terre battue. Donc je me sens très bien sur cette surface. Évidemment qu’avec mon gabarit, il faut travailler et surtout s’acclimater dans les déplacements, le jeu de jambes, avec la glissade et tout ce qui va avec de la terre battue. Mais une fois que j’y suis, j’y suis bien.
"C’est vrai qu’on s’éclate avec Lucas Pouille. On a déjà accompli beaucoup de belles choses"
Justement, en tant que joueur offensif quand même, comment on dompte un petit peu cette surface ? Parce que ce n’est pas forcément, a priori, la surface la plus naturelle pour un joueur qui est porté vers l’attaque. Est-ce que ça a été facile pour toi, à ce niveau-là, de développer ton jeu ? Est-ce qu’il y a des adaptations à faire ?
Il n’y a pas énormément d’adaptations à faire au bout du compte. C’est là où je vais un peu contredire ce que tu dis : c’est que ça te laisse aussi plus de temps pour monter, pour gagner du terrain. Et quand je suis sur terre battue, quand je suis sur une surface très, très rapide, c’est difficile d’aller gagner encore du temps sur des conditions de jeu très rapides. Donc là, quand tu peux te permettre sur terre battue d’avoir plus de temps pour monter, de couper les angles d’une meilleure manière, je me sens plus confortable au filet sur terre battue que sur des surfaces bien plus rapides, où ce n’est pas toujours aussi simple.
Donc non, je pense que la terre battue permet justement de jouer un jeu offensif. Il faut aussi évidemment être capable de tenir la balle, de défendre, de courir, de faire des passings. J’y travaille tous les jours. Mais mon plan de base, en tout cas, est très réalisable sur terre battue, autant que sur les autres surfaces.
Quand on voit, il y a Alexander Bublik qui a beaucoup travaillé dans le petit jeu, sur les amorties, etc. Est-ce que toi aussi, c’est une technique que tu as travaillée ?
Oui, c’est un axe de jeu sur lequel je travaille. Avec Lucas (Pouille, son entraîneur), on continue toujours de travailler là-dessus. C’est évidemment très important sur terre battue, mais c’est aussi important sur gazon, d’être capable de poser la balle derrière le filet. La balle ne rebondit pas sur gazon, elle rebondit beaucoup sur terre, mais il y a plus de temps, plus d’espace. Donc évidemment, c’est très important de travailler la main sur terre battue et d’être capable de finir tous ces petits points qui sont liés au petit jeu.
Tu parlais de Lucas justement. Votre relation a commencé presque comme un coup de main, si je ne me trompe pas. C’est quelque chose qui a été super bénéfique, ça marche très bien entre vous. On peut voir à long terme ?
On va déjà fêter nos un an presque, ici, à la fin du tournoi, parce qu’on avait commencé la première semaine sur gazon. Donc là, on y est presque. C’est vrai que je ne savais rien de ce qui allait se passer dans le futur après ces quelques premières semaines, mais ça a fait un an. Et c’est vrai qu’on s’éclate. On a déjà accompli beaucoup de belles choses. On a envie d’accomplir encore beaucoup d’autres belles choses et encore plus haut et plus fort. Donc voilà, on travaille pour ça. J’ai la chance de l’avoir à mes côtés. Je le remercie aussi parce que c’est plein de concessions et d’efforts qu’il fait au quotidien pour moi et je suis conscient de cette chance. C’est important, ça apporte beaucoup de choses.
Qu’est-ce que ça t’apporte d’avoir à tes côtés un joueur qui n’a pas encore officiellement annoncé sa retraite, qui est encore très proche du moment où il était compétiteur ?
Oui, évidemment. En plus d’être déjà un joueur qui a accompli tant de choses et était apte à gagner la Coupe Davis et faire des deuxièmes semaines en Grand Chelem. Voilà, c’est un immense joueur. On a tendance peut-être un petit peu à l’oublier aussi. Donc non, il a énormément à transmettre, en plus d’être un mec exceptionnel.
