Tennis. Roland-Garros - Giovanni Mpetshi Perricard : "Il n’y a pas de quoi être très fier"
Par Alexandre HERCHEUX le 25/05/2026 à 01:06
Giovanni Mpetshi Perricard n'est pas passé si loin d’une immense soirée à Roland-Garros 2026. Opposé à Novak Djokovic sur le Philippe-Chatrier, le Français a remporté un premier set de très haut niveau avant de céder en quatre manches, 5-7, 7-5, 6-1, 6-4. Très précis au service, dangereux en coup droit et offensif au filet, le Lyonnais a longtemps gêné l’ancien numéro 1 mondial avant d’être freiné par des crampes à la main. En conférence de presse, Mpetshi Perricard n’a pourtant pas voulu se contenter des encouragements : “Il n’y a pas de quoi être très fier”, a-t-il lâché, frustré de ne pas avoir pu aller chercher la victoire.
Vidéo - Giovanni Mpetshi, battu par Novak Djokovic à Roland-Garros
Retrouvez ici le tableau Messieurs de Roland-Garros
Retrouvez ici le tableau Dames de Roland-Garros
"Le but, ce n'est pas d'être fier d'avoir gagné un set et d'être allé loin dans le deuxième"
Tu as bien tenu, à part un petit fléchissement bien compréhensible, tu as bien tenu la bagarre, finalement, super premier set. Qu'est‑ce qui t'a rendu vraiment fier de ce match aujourd'hui ? Quels enseignements tu as tirés ?
Il n'y a pas de quoi être très fier. Je suis dans la bataille, pendant les deux premiers sets. J'ai une panne, qui m'handicape bien pendant les deux derniers sets. C'est sûr que oui, j'arrive bien, on voit qu'il y a match, que j'arrive à le gêner, je sers très bien, je suis très précis. J'arrive à faire des dégâts avec mon coup droit, j'arrive à aller au filet. C'est sûr que contre ce genre de joueur, c'est très intéressant, mais ce n'est pas quelque chose sur lequel je vais me dire : cela marche contre Novak, non. Je sais que cela marche contre tout le monde, un jeu offensif. Maintenant, le but, ce n'est pas d'être fier d'avoir gagné un set et d'être allé loin dans le deuxième. Le plus important, c'est la victoire. Il y a beaucoup de déception.
Quand tu parles d'une petite panne, on a vu ta main être soignée. Tu as eu un petit pépin physique, aussi ?
Non, c'est des crampes, tout simplement. C'est des crampes. C'est sûr que cela a mis du temps à passer. Contre un joueur comme cela, quand tu ne peux pas tenir la raquette ou servir, c'est compliqué.
Tu parlais du défi contre un des meilleurs retourneurs du circuit. Comment tu as senti ton service face à lui ?
Très bien. J'étais très précis, c'était le plus important, la précision, pas la vitesse. J'ai parfois loupé ma cible de 50 cm, ou 1 mètre. Je me suis pris des retours gagnants. Contre ces joueurs‑là, il faut être très précis, il faut toucher la bonne zone, à la bonne vitesse, et c'est sûr que cela fait des dégâts.
"Tu dis : je sers à 240, ou 230, et j'ai un retour dans les pieds'
Tu parlais de ces crampes. Est‑ce que c'était aussi un coup de massue que tu as pris sur la tête, après, quand il est revenu sur le deuxième set, ou c'était uniquement physique ?
Non, du tout. J'étais très... J'étais lucide. Quand on joue contre un joueur comme cela, quand on est dans des fins de set, on sait que cela peut tourner d'un côté comme de l'autre. C'est sûr que oui, j'aurais aimé aller au tie‑break, j'aurais aimé, à 5/5, être un peu plus offensif, pour aller essayer d'avoir des balles de break, créer des choses. Mais non, je n'avais pas de déclin, sur le plan mental, j'étais prêt, de toute façon, à ce que ce soit long, à ce que ce soit dur. J'étais prêt à tous les scénarios possibles. C'est sûr que j'étais partant pour partir à la bagarre dans ce troisième set.
Lui, tu ne l'avais pas beaucoup joué. Ce n'est pas facile de te jouer toi, avec peu de références. Comment tu l'as trouvé, finalement ?
Bon… Bon. Quand il retournait long, c'est sûr que ce n'est pas la même chose. C'est sûr que c'est très embêtant. Même, parfois, j'étais surpris sur certains retours, tu dis : je sers à 240, ou 230, et j'ai un retour dans les pieds, je n'ai pas fait ma reprise d'appui et j'ai une balle à jouer dans une posture compliquée. C'est sûr qu'il était très précis au service aussi. C'est quelque chose que je n'imaginais pas, qu'il soit aussi précis en première balle. C'était très dur à lire. Après, c'est Djokovic, cela fait 15 ans que je le vois à la télé ! Il fait beaucoup de bonnes choses !
"Il ne faut pas oublier que mon revers est au service de mon coup droit"
Il a essayé beaucoup de te faire jouer et déjouer sur ton revers, mais tu as aussi renvoyé pas mal de beaux revers, justement. C'est aussi un motif de satisfaction pour toi, sur ce match ?
C'est sûr que c'est un volet où je ne peux que progresser énormément. C'est quelque chose dans mon jeu où ce n'est pas un de mes points forts. Il va falloir être meilleur dans ce coup‑là. Il ne faut pas oublier que mon revers est au service de mon coup droit. Si j'arrive à jouer un ou deux revers, ce n'est pas pour en jouer un troisième, c'est pour jouer un coup droit et me décaler. C'est sûr que son plan était clair, soit de me faire bouger, soit de me pilonner côté revers. Après, je trouve que pour cela, j'ai plutôt bien répondu, avec de la hauteur, de la longueur. Mais oui, c'est quelque chose que l'on travaille depuis pas mal de temps, et c'est quelque chose sur lequel je pense que je peux progresser énormément.
