Tennis. Wimbledon - Dan Evans, battu et retraité, a réglé ses comptes avec sa fédération
Cette fois, c’est terminé pour Dan Evans. Le Britannique de 36 ans a disputé ce mercredi le dernier match de sa carrière professionnelle à Wimbledon. Associé à son jeune compatriote Henry Searle, l’ancien n°1 britannique s’est incliné au premier tour du double messieurs contre Hugo Nys et Édouard Roger-Vasselin, têtes de série n°9, 6-2, 6-4. Mais Evans n’a pas quitté le tennis en silence. Frustré de ne pas avoir reçu de wild-card pour le tableau principal du simple, il a vivement critiqué les décideurs du tournoi, estimant que personne n’avait eu le courage de lui expliquer clairement ce choix.
"He's got a good heart, Evo." ?@andy_murray, @jackdraper0 & Tim Henman on Dan Evans ✨ pic.twitter.com/oOw9D0P3Zl
— LTA (@the_LTA) July 1, 2026
“Personne n’a eu le courage de venir m’expliquer”
Le départ de Dan Evans aurait pu se résumer à une dernière ovation sur le Court 15. Mais le Britannique a choisi de dire ce qu’il avait sur le cœur. Après sa défaite en double, il est revenu sur la grande frustration de son dernier Wimbledon : l’absence de wild-card pour le tableau principal du simple. L’ancien 21e mondial n’a pas digéré de devoir passer par les qualifications pour le dernier tournoi de sa carrière. Et il l’a dit avec ses mots, très directs en conférence de presse : “Personne n’a eu le courage, ou peu importe comment vous voulez le formuler, de venir me voir de la part de l’instance dirigeante, alors que je pense avoir beaucoup donné.” Evans ne conteste pas seulement la décision. Il reproche surtout l’absence d’explication claire. “Je ne comprends tout simplement pas le raisonnement. Personne ne m’a donné une raison décente.”
"Le mois dernier a été un véritable fiasco de leur part"
"Le mois dernier a été un véritable fiasco de leur part. C'est le constat final. Personne ne m'a donné de raison valable. Si on m'avait dit : "Écoute, tu as un peu de poids en ce moment", non, je suis sérieux. Genre, tu n'es pas en forme... mais personne n'a pris la peine de venir de la fédération, pour laquelle j'ai pourtant beaucoup fait, et de me fournir une explication. Je crois que c'est juste… une question d'orgueil, non ? Je ne sais pas. C'est bien le mot ? Et si vous ne comptez pas le faire, ce n'est certainement pas le rôle de Jamie Baker de venir me donner la raison pour laquelle il ne m'a pas accordé d'invitation. Ce n'est pas au directeur du tournoi de s'en charger. Je pense simplement que quelqu'un aurait pu venir, s'asseoir et discuter. Enfin, ils sont assez bien payés ! C'est leur travail, après tout. Je ne suis pas en colère, mais bon sang, dis la vérité !"
Une carrière bien plus riche que son palmarès
Réduire Dan Evans à ses deux titres ATP serait une erreur. Bien sûr, il a remporté le Murray River Open en 2021, puis surtout l’ATP 500 de Washington en 2023, le plus grand titre de sa carrière. Ce sacre aux États-Unis lui avait permis d’atteindre son meilleur classement, 21e mondial. Mais Evans, c’est aussi une place particulière dans l’histoire récente du tennis britannique. Il a participé au sacre de la Grande-Bretagne en Coupe Davis en 2015, l’un des grands moments du sport britannique. Il a représenté son pays aux Jeux Olympiques, notamment à Paris 2024 aux côtés de Andy Murray, dans le dernier tournoi de la carrière de l’Écossais.
En Grand Chelem, il n’a jamais atteint les sommets d’un Murray, mais il a souvent été un poison. Huitième de finaliste à l’Open d’Australie 2017 et à l’US Open 2021, troisième tour à plusieurs reprises à Wimbledon, il a longtemps fait partie des joueurs que personne n’aimait vraiment affronter.
