Tennis. Roland-Garros - Elina Svitolina : "J'essaie juste d'être utile pour mon pays"
Par Sebastien CLAUDE le 27/05/2026 à 17:31
Elina Svitolina sera bien au troisième tour de Roland-Garros 2026. Ce mercredi 27 mai, la dernière lauréate du WTA 1000 de Rome retrouvait Kaitlin Quevedo, qui avait disposé de Léolia Jeanjean au premier tour. Seule au monde dans la première manche, l'Ukrainienne a infligé "une bulle" à l'Espagnole. Si le deuxième set a été plus accroché, il a tout de même connu la même issue et a tourné à l'avantage d'Elina Svitolina qui a pu conclure la rencontre 6-0, 6-4, pour rejoindre le troisième tour, où elle affrontera Tamara Korpatsch. En conférence de presse, Elina Svitolina est revenue sur sa volonté de servir de modèle, à la fois pour les jeunes femmes et pour le peuple ukrainien.
Vidéo - Elina svitolina à l'entraînement
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"On a déjà fait toutes les analyses nécessaires"
Bravo pour cette performance aujourd'hui. Quel a été ton avantage aujourd'hui ? Comment tu t'es sentie sur le court ?
Le match s'est bien déroulé de mon côté. Elle est revenue au deuxième set, elle jouait bien mieux que pendant le premier set. C'était une bonne performance de mon côté. J'ai été très satisfaite de la façon dont j'ai joué le deuxième set. Elle m'a challengée pendant le deuxième set quand même.
Tu es une inspiration pour tant de femmes. Tu es une maman, tu t’améliores avec l'âge, quelle est ta formule gagnante ? Ton langage corporel a changé aujourd'hui. Tu sembles gagner en confiance. Tu joues ton meilleur tennis.
Merci pour tous ces compliments. J'essaie de m'améliorer à chaque entraînement, à chaque tournoi, à chaque match que je joue. Ma motivation vient de différentes choses, de différentes personnes aussi. La guerre en Ukraine m'a donné un point de vue et une perspective différente sur ma vie, ma famille, ma fille. J'ai le sentiment que j'utilise mon temps avec bien plus de sagesse quand je suis sur le court. Je me donne à 100 %. Si je ne suis pas prête mentalement ou physiquement à 100 %, alors je préfère rentrer à la maison et passer du temps de qualité avec ma famille, être aux côtés de ma fille et me donner à 100 % lorsque je suis sur le court, sans perdre de temps à faire des choses qui ne me satisfont pas.
Tu as commencé à travailler avec Raemon Sluiter. Tu as commencé à jouer de façon plus agressive qu'auparavant à partir de ce moment. Dans quelle mesure a-t-il influencé ce changement dans ton jeu ?
J'ai effectivement commencé à travailler avec lui au début de mon retour, de mon come-back, cela a eu un grand impact sur mon jeu. Je suis très reconnaissante de tout le travail qu'il a fait à mes côtés. Le come-back a été difficile. Il a été d'accord pour être à mes côtés sur ce chemin. Je pense que tout le monde n'aurait peut-être pas été prêt à le faire parce qu'on ne sait jamais comment cela va se passer.
J'avais une belle carrière derrière moi avant la maternité, mais d'une certaine façon, on ne sait jamais comment le corps va réagir après la grossesse, si on va retrouver sa pleine forme avec constance. On a besoin d'être régulière au tennis. Donc trois ou quatre mois de travail acharné, une fois que je suis revenue sur les courts, avant de me lancer sur des tournois, les quatre ou cinq premiers tournois étaient difficiles. J'ai raté deux tournois de suite du point de vue des balles de match. Ce retour a été un peu difficile au début. Voilà, il a choisi et il a accepté de m'accompagner. On a fait un très bon travail. Je suis ravie qu'il soit à mes côtés.
Bonjour. Il y a quelques jours Marta Kostyuk nous a montré une photo d'une bombe qui était tombée très près de la maison de ses parents. Elle a critiqué le circuit de ne pas avoir apporté de soutien aux joueurs ukrainiens. Oleksandra Oliynykova a pointé du doigt des joueurs russes qui ne se soucient pas que des Ukrainiens meurent. Quelle est ton expérience par ces temps de guerre ? Sur le circuit, tu as des rencontres contre des joueuses russes.
Rien de nouveau, cela fait déjà quatre ans que c'est ainsi. Je n'y pense pas trop. C'est très triste pour nous. La situation de Marta, c'est terrible. Un matin, on se réveille, on s'aperçoit que sa famille a frôlé la mort pendant la nuit. Cela fait déjà quatre ans que cela fait partie de notre quotidien. On se retrouve à en parler encore aujourd'hui.
Pour moi, je pense que l'on a déjà fait toutes les analyses nécessaires dans le passé. On a fait part de nos réactions ou non-réactions. J'essaie juste d'être utile pour mon pays et d'aider la prochaine génération, pour les motiver, leur faire connaître le sport et les aider. Pour moi, c'est la seule façon d'aller de l'avant. En effet, on ne peut pas tout contrôler, on ne peut pas contrôler tout le monde. Je veux contrôler ce que je peux contrôler. Je veux pouvoir aider à mon niveau. C'est ainsi que j'entends être utile à mon pays.
"Il est important d'être à l'écoute de son corps"
Elina, j'écris un article sur la météo. Quel a été l'impact des fortes chaleurs sur toi, sur le court, et également sur ton jeu ? Est-ce que cela a eu un impact positif ?
Au tennis, on a l'habitude de s'habituer jour après jour. Les conditions peuvent varier énormément, même au sein d'une seule et même journée entre un match le matin, un match l'après-midi et le soir. On ne peut pas contrôler la météo. Au réveil, je vérifie la météo directement, quelques jours auparavant pour ajuster ma tension, ma préparation. S'il fait déjà chaud, je vais commencer à m'hydrater la veille et m'alimenter en conséquence pour me préparer le jour J.
Il y a quand même quelques petits éléments que l'on peut contrôler, mais c'est toujours assez compliqué. Quand il fait particulièrement chaud, on essaie de survivre. On essaie de jouer contre son adversaire, mais également contre les conditions météo. C'est ainsi malheureusement au tennis, mais c'est également ce qui en fait le charme.
Depuis le début de l'année, tu as constamment progressé, tu es à un bon niveau. Quelle différence entre cette année et l'année dernière, où tu avais ralenti un peu la cadence parce que cela n'allait pas aussi bien ?
Pour moi, il est important d'être à l'écoute de son corps, d'être à l'écoute de la réaction que peut avoir mon corps à une charge particulièrement lourde. Après la grossesse, mon corps a commencé à réagir différemment. Avant, quand j’étais plus jeune, à 25 ans, je pouvais jouer pendant des semaines d'affilée sans que cela ne me pose de difficultés particulières du point de vue de la régularité, cela ne m'aurait pas autant coûté du point de vue de l'énergie. Maintenant, il faut que je prenne en considération cette grossesse. Parfois, il faut juste que je prenne non pas un jour, mais deux ou trois jours de repos pour avoir de nouveau de l'énergie et envisager mes entraînements ou les tournois avec un peu plus d'oxygène, pour également m'adapter aux conditions, ou juste pour me reposer parce que parfois, les muscles ne réagissent pas aussi bien qu'on le souhaiterait. Il faut donc être à l'écoute de soi-même, se reposer et prendre des temps de repos pour ensuite gagner à terme. Il faut donc avoir cette vision sur le temps long pour pouvoir se donner à 100 % au bon moment.
