Tennis. Roland-Garros - Fabrice Santoro sur la fronde : "Le timing n'est pas très bon..."
Par Alexandre HERCHEUX le 22/05/2026 à 11:33
Roland-Garros 2026 approche et Fabrice Santoro espère revivre une quinzaine “extraordinaire”, comme celle de 2025, marquée par l’hommage à Rafael Nadal et la finale historique entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Présent lors de la conférence de presse de présentation du dispositif Prime Video, l’ancien joueur français a confié son envie de “vivre des émotions très fortes”, avec des Bleus capables de briller Porte d’Auteuil. Mais une inquiétude existe déjà autour d’Arthur Fils. Santoro l’avoue : il est “inquiet” pour le Tricolore, qui jouait “extrêmement bien” ces dernières semaines et qu’il voyait peut-être comme “un joueur français capable d’aller au bout de ce Roland-Garros”. Santoro s’est aussi exprimé sur la fronde des meilleurs joueurs autour du prize money. Selon lui, “le timing n’est pas très bon” et les cadors devraient surtout se battre pour que “300, 400, 500 joueurs” puissent vivre décemment du tennis.
Vidéo - Fabrice Santoro sur la fronde des joueurs au micro de Tennis Actu
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"Je suis inquiet parce qu’Arthur Fils était en grande forme depuis quelques semaines"
Fabrice, Roland-Garros 2026, vraiment beaucoup d’attente. Vous attendez quoi, tout simplement, sur Roland-Garros ?
Moi, je ne demande qu’à revivre les mêmes émotions qu’en 2025, où on a eu une quinzaine extraordinaire de la première à la dernière minute. C’est un tournoi qui avait commencé avec l’hommage à Rafael Nadal, et qui s’est terminé par cette finale historique entre Alcaraz et Sinner. Donc, une nouvelle fois, j’ai envie de vivre des émotions très fortes avec, j’espère, des Bleus qui seront capables de briller.
Une petite inquiétude pointe le bout de son nez autour d’Arthur Fils. On entend que c’était compliqué pour lui de s’entraîner. Vous, de votre côté, est-ce que vous êtes inquiet de ça ?
Oui, je suis inquiet parce qu’Arthur était en grande forme depuis quelques semaines, quelques mois. Il jouait extrêmement bien et je me disais : peut-être qu’on tient un joueur français capable d’aller au bout de ce Roland-Garros. Même si je sais que c’est un peu le parcours du combattant et qu’il y a énormément de bons joueurs. Je n’ai pas d’infos particulières, je sais juste qu’il a passé peu de temps sur les courts ces derniers jours.
Ce pépin physique un petit peu récurrent, est-ce que c’est quelque chose auquel on doit s’habituer finalement autour d’Arthur ? Vous avez ce sentiment ?
Alors Arthur, en tant que joueur de tennis, si on prend ses qualités physiques, mentales, enfin son service, coup droit, revers, retour, il coche toutes les cases. Il coche toutes les cases pour, à un moment donné, selon moi, être en mesure d’aller gagner un tournoi du Grand Chelem. En revanche, c’est cette fragilité physique qui est l’inquiétude depuis plusieurs saisons maintenant et qui l’amène à quitter le terrain, parfois, lorsqu’il est blessé. C’est gênant, bien évidemment, mais il ne faut pas perdre de vue que Rafael Nadal a souvent été blessé et il a quand même gagné 22 Grands Chelems, dont 14 Roland.
"Je pense que le timing n’est pas très bon de la part des joueurs"
On parlait un petit peu plus tôt de la fronde des plus grands joueurs depuis quelques semaines, autour du prize money, notamment de Roland-Garros et des autres Grands Chelems. Vous comprenez les joueurs ?
Je pense que le timing n’est pas très bon de la part des joueurs. Je pense qu’ils devraient se battre avant tout pour qu’un sport aussi populaire, important que le tennis, permette à 300, 400, 500 joueurs d’en vivre décemment dans le monde. Ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui. Après, je crois que les meilleurs joueurs mondiaux, aujourd’hui, gagnent très bien leur vie. Ils souhaitent la gagner mieux. Les tournois du Grand Chelem, à ma connaissance, dont Roland-Garros, augmentent le prize money chaque année depuis plusieurs années. C’est ce qui est prévu encore les prochaines saisons. J’espère que ce sujet ne viendra pas un petit peu polluer le Roland-Garros.
Est-ce que ça peut tout simplement abîmer l’image du tennis auprès du grand public ?
Non, je ne pense pas. Après, ça dépend un peu de la gestion de ce sujet. On va voir un petit peu ce qui se passe aujourd’hui durant le Media Day, où ils ont dit qu’ils aborderaient le sujet.Encor e une fois, le tennis est un sport extrêmement populaire. Les meilleurs gagnent extrêmement bien leur vie. Ceux qui jouent les qualifications ou même un petit peu en-dessous sont souvent en grande difficulté financière. C’est cela qu’il faudrait aider avant tout.
Le tennisman est un sportif individuel, donc forcément, il est à la fois un sportif individuel et un chef d’entreprise. Donc forcément, il a envie que son entreprise fasse le meilleur chiffre d’affaires possible, car ça lui permettra ensuite d’investir dans sa structure. Et en investissant dans sa structure, il pourra être encore plus performant. Voilà un peu le fonctionnement du joueur de tennis, ce qui est à des années-lumière du basketteur, qui est salarié, du footballeur, qui est salarié aussi, qui a un entraîneur, un directeur sportif, un président, un actionnaire. Et en fait, le joueur de tennis par rapport au footballeur, c’est une pyramide inversée. Le tennisman est chef, on comprend, il est tout en haut de la pyramide. Et le footballeur, même s’il a des revenus importants, il est plus en bas de la pyramide. En tout cas, il a beaucoup de strates au-dessus de lui.
