Tennis. Roland-Garros - Andrey Rublev : S'ils ne veulent pas nous entendre, nous..."
Par Jeremy MARTIN le 22/05/2026 à 13:59
Andrey Rublev a détaillé sa prise de position sur le sujet du prize money et des revendications de plusieurs joueurs. Présent à Roland-Garros ce vendredi pour le traditionnel media day, le Russe débutera son tournoi face à Ignacio Buse, un adversaire en forme ces dernières semaines, pour un premier tour loin d’être simple. Mais au-delà de l’aspect sportif, c’est surtout le sujet brûlant de la fronde des joueurs qui a rythmé la conférence de presse du joueur de 28 ans.
Vidéo - Andrey Rublev à l'entraînement avec Zverev à Roland-Garros
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"En ce qui me concerne, je m'améliore constamment"
Tu as très bien joué à Rome selon moi, comment tu vois cela ? Où est-ce que tu te situes aujourd'hui ?
C'était différent à Rome. Certains des matchs étaient à un bon niveau, d'autres dans des conditions difficiles. J'ai été capable de bien gérer cela. Certains matchs étaient contre moi, rien ne fonctionnait, mais j'ai réussi à trouver des façons de gagner malgré tout. Contre Jannik, c’était également différent. Mais de façon générale, le niveau continue à s'améliorer et c'est le plus important.
En ce qui me concerne, je m'améliore constamment. Quand on compare avec le niveau d'Alcaraz et Sinner, il y a encore des choses sur lesquelles je dois me faire confiance pour être capable de maintenir ma concentration pendant l'intégralité du match et sans laisser tomber en cours de match parce que contre ces joueurs, quand on perd un ou deux points, cela signifie que l'on perd déjà un ou deux jeux.
"C'est grâce à eux que vous pouvez vous développer"
Je ne sais pas si tu participes à la protestation des joueurs.
Oui.
Pourquoi est-ce important ?
C’est important parce que c'est normal. Lorsque vous essayez de communiquer et de travailler ensemble et que cela fait des années, et que cela ne fonctionne pas, que personne ne fait attention à ce qu'il se passe, on se dit qu'il faut faire quelque chose, au moins pour être capable d'obtenir cette attention. On peut parler, s'il n'y a toujours pas d'attention, on continue.
Pouvez-vous nous dire comment vous êtes organisé sur ce mouvement ?
Ce n'est pas moi qui organise tout cela. Mais lorsque vous essayez de communiquer pendant des années pour expliquer les choses qui ne sont pas comme elles devraient, cela ne concerne pas uniquement l'argent, il y a de nombreux aspects. Vous n'êtes pas entendus et on ne vous demande même pas… Par exemple, quand vous envoyez un mail et que personne ne répond à un mail pendant des mois, voilà par exemple. Est-on réellement ensemble ou est-ce que cela ne vous intéresse pas assez pour communiquer correctement ? La question est de savoir est-ce que nous marchons ensemble, de faire les choses ensemble pour le bien du sport pour que tout le monde se sente à l'aise. Cela ne peut pas toujours être dans le même sens. On ne peut pas utiliser les joueurs et ensuite, parfois, vous ne les traitez pas de façon appropriée. C'est grâce à eux que vous pouvez vous développer. Ce n'est pas très juste.
Parfois pour provoquer le changement, cela peut demander des sacrifices personnels. Es-tu prêt à y consentir ? On parle ici du boycott ou même dans cette situation d'aller contre des obligations qui pourraient amener des amendes. Tu te sens prêt à aller jusque-là ?
Je pense que tout cela encore une fois dépend de la communication. Nous sommes complètement ouverts. Cela fait des années que nous demandons cette communication, d'être entendus sur des choses très simples, de l'aide pour les pensions, pour les bonus. Il ne s'agit pas seulement de recevoir davantage d'argent, il s'agit d'une structure très large où le sport peut se développer, grandir. Les tournois du Grand Chelem ne sont pas ceux qui apportent le plus d'aide. Ce que nous disons, c’est que nous ne pouvons pas être responsables de tout de notre côté, tout faire tout seul. Nous sommes ouverts à la communication et la balle est dans leur camp. S'ils ne veulent pas nous entendre, nous réfléchirons aux prochaines étapes pour être entendus. Voilà.
"Chacun a ses propres intérêts"
Vous faites partie du Conseil des joueurs. De façon générale, qu'avez-vous appris sur le sport et la façon dont il est difficile d'impulser un changement pour vous ? Vous pouvez nous faire part de votre expérience ?
Pour ce qui est de mon expérience en la matière, je ne sais pas si j'ai des choses précises à vous dire. Il s'agit en fait d'avoir peut-être l'illusion d'être un peu moins mal informé. Quand vous êtes loin de tout cela, vous entendez des informations de l'ATP, de l’ITF, d'un joueur, du tournoi, etc., et vous avez peut-être l'impression que d'une façon ou d'une autre vous êtes là au cœur de l'information. Le changement n'est pas facile à mettre en place parce qu’il y a trop de niveaux, l'ATP, l’ITF, la fédération internationale, les fédérations nationales, les directeurs de tournoi, les fédérations du tournoi concerné, le pays lui-même. Chacun a ses propres intérêts. Pour changer des petites choses, il faut passer de zéro à très haut, ce qui n'est pas toujours facile.
