Tennis. Roland-Garros - Corentin Moutet : "Moi, je ne fais partie d'aucun mouvement..."
Par Jeremy MARTIN le 22/05/2026 à 13:13
Corentin Moutet veut une nouvelle fois faire vibrer le public à Roland-Garros. Tête de série numéro 30 de l’édition 2026, le Français débutera face à Vit Kopriva, un tirage loin d’être simple. En difficulté ces dernières semaines, avec cinq défaites sur ses six derniers matchs, le joueur de 27 ans avait été stoppé l’an passé au deuxième tour par Novak Djokovic. En conférence de presse ce vendredi, il est notamment revenu sur sa baisse de forme, ainsi que sur le sujet brûlant du moment, à savoir la fronde des joueurs autour du prize money.
Vidéo - Fabrice Santoro a évoqué la fronde des joueurs pour Tennis Actu
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"Les journées à l'entraînement se passent bien"
Ton état de forme, comment tu abordes ce Roland ? Les derniers résultats n'ont pas été très favorables. Comment tu penses pouvoir te relancer avec ce grand événement ?
Honnêtement, l'état de forme, comme les résultats le montrent, j'ai déjà été plus en forme que cela. Ce n'est pas le Roland où j'arrive avec le plus de confiance en mon tennis, en termes de résultats. Après, je pense qu'il faut réussir à bien jouer dans toutes les circonstances, toutes les situations.
C'est la première fois où j'arrive tête de série à ce Roland‑Garros et pourtant, c'est la première fois que j'arrive avec des résultats pas très satisfaisants avant le tournoi. Voilà… Essayer de retrouver un bon rythme, un bon niveau de jeu. Sinon, les journées à l'entraînement se passent bien, je m'entraîne bien. Je reste sérieux. On travaille bien, donc il n'y a plus qu'à attendre que les résultats suivent.
Tu as une raison sur cette petite baisse momentanée de forme ? Tu étais sur une très bonne fin de saison, la saison dernière était très bonne. Comment tu expliques ce petit passage un peu compliqué ?
Il peut y avoir plein d'explications différentes. En fin d'année dernière, j'ai beaucoup, beaucoup poussé sur mon corps. Je l'ai vraiment poussé au‑delà de ses limites, j'ai envie de dire. Je pense que je l'ai un peu payé en début d'année, je le paye peut‑être un peu toujours. Mais j'avais cet objectif de Coupe Davis qui me tenait vraiment à cœur. Je savais que s'il n'y avait pas eu la Coupe Davis, j'aurais certainement arrêté ma saison plus tôt. J'aurais fait des choix différents, mais comme je le dis, c'était pour moi super important, et la priorité d'honorer mon pays de la meilleure des façons, ce que j'ai essayé de faire, même si ce n'était pas la meilleure décision pour mon corps, et je pense que je le paye un peu cette année.
Si c'était à refaire, certainement je le referais, parce que c'est quelque chose que je mets en n°1, jouer pour l'équipe. C'est, je pense, des sacrifices collectifs, des choix pour le collectif qui ont un peu sacrifié ma partie, ma carrière perso, mais c'est comme cela, il faut faire des choix. Je ne les regrette pas. Cela peut peut‑être expliquer mon état de forme actuel.
"Pour moi, la priorité est sportive avant tout"
Une question sur le mouvement. Est‑ce que tu le suis, ce mouvement par rapport au Grand Chelem, cette demande d'un plus grand Prize Money, d'une part plus importante pour les joueurs ? Est‑ce que tu suis cela avec attention ? Est‑ce que tu fais partie de ce mouvement, sur les 15 minutes, est‑ce que tu peux nous en dire plus là‑dessus ?
Moi, je ne fais partie d'aucun mouvement. C'est un sport individuel. S'il y avait un mouvement, je pense que tous les joueurs se seraient unifiés bien plus tôt. C'est un sport individuel, tout le monde défend ses intérêts.
Moi, le seul mouvement que je suis, c'est d'être performant, de mieux jouer que ce que je fais récemment. Pour moi, la priorité est sportive avant tout.
"Le corps va bien"
Comment on fait, cela dure longtemps, on a des doutes, il y a des hauts et des bas... C'est si difficile que ça de revenir, quand on a une telle blessure ?
Oui, c'est difficile de revenir de n'importe quelle blessure, ce n'est jamais souhaitable pour un joueur. Après, chaque blessure, même si c'est la même, cela peut être la même pathologie, chacun récupère de manière différente, chacun s'investit aussi de manière différente dans la réathlétisation. C'est dur. Après, c'est dur de savoir exactement quel joueur a quelle blessure, parce qu'on n'est jamais dans l'intimité, on n'est jamais dans leur équipe, on ne connaît jamais les vraies raisons. Après, ce n'est pas mon rôle de parler des autres joueurs. Je pense qu'il y a assez…
C'est juste pour la blessure…
C'est pour cela que je dis ça dans le sens où je ne peux pas donner mon avis sur lui. Je pense qu'il est assez bien entouré, assez professionnel pour gérer au mieux ses difficultés.
Moi, cela a mis du temps, cela a mis un an et demi à refaire des revers comme avant. Voilà. Après, j'ai réussi à jouer pendant ce temps. Comme je disais, on essaie tous, à notre manière, de trouver la meilleure solution pour sortir le plus de positif d'une situation pas favorable, et c'est ce que j'ai essayé de faire. Après, je lui souhaite en tout cas le meilleur, évidemment.
Tu disais tout à l'heure que tu n'étais pas dans la forme de ta vie, mais tu es quand même tête de série pour ce tournoi. Comment tu abordes le fait de jouer des premiers tours en n'étant pas l'outsider, en étant, sur le papier en tout cas, le favori ?
Ce qui est un peu différent cette année, c'est que j'arrive un tour plus tard dans les tournois dans les Masters 1000, en tout cas c'est quelque chose que j'ai toujours voulu. C'est vrai qu'on arrive, parfois quand je vois un qualifié, il a déjà trois matchs dans les conditions du tournoi, moi, c'est mon premier match. C'est un rythme un peu différent. J'ai mon meilleur classement, pourtant je n'ai pas gagné énormément de matchs cette année.
De démarrer un tour après, ça ne fait que gagner un match, comme si on en gagnait deux auparavant, donc en termes de points, cela peut être équivalent. C'est un rythme totalement différent. C'est différent, tout simplement.
Je pense que j'ai un peu de temps d'adaptation, plus que ce que j'aurais pensé. Je suis mieux, on est toujours mieux dans les périodes de doute en étant 30e mondial, ou 32, peu importe, que plus loin. J'ai la chance de pouvoir jouer les gros tournois, d'être tête de série. Après, les problématiques ne sont que sportives, donc c'est plutôt bon. Le corps va bien. C'est l'essentiel.
