Tennis. Roland-Garros - Moïse Kouame, 17 ans : "Si je ne prends pas de plaisir là..."
Par Alexandre HERCHEUX le 22/05/2026 à 13:36
Moïse Kouame va découvrir Roland-Garros par la grande porte. À seulement 17 ans, le grand espoir du tennis français a reçu une wild-card pour le tableau final Porte d’Auteuil et s’apprête à vivre son premier grand frisson en Grand Chelem, face à un nom bien connu du circuit : Marin Cilic. Déjà entré dans l’histoire cette saison à Miami, où il est devenu le plus jeune joueur à gagner un match en Masters 1000 depuis Rafael Nadal en 2003, Kouame arrive à Paris avec une étiquette lourde à porter : celle de nouvelle promesse du tennis tricolore. Entre impatience, pression populaire et envie de se faire sa propre place, le Parisien va forcément attirer les regards dès son entrée en lice à Roland-Garros.
Vidéo - Jo-Wilfried Tsonga au micro de Tennis Actu ce vendredi
Retrouvez ici le tableau Messieurs de Roland-Garros
Retrouvez ici le tableau Dames de Roland-Garros
"Jouer un match en 5 sets, pour l'instant, ce n'est qu'à la télé que j'ai vu ça !"
Bonjour Moïse. Peux-tu nous parler de ta préparation pour le tournoi ? Comment se sont passées les dernières semaines ? Quels ont été les axes de travail avec Richard, et je crois qu’Iain Smith travaille avec toi ?
Déjà, j'étais en tournoi la semaine dernière. On travaille beaucoup de choses, on essaie le plus possible de faire en sorte que cette semaine ne soit pas une semaine plus importante ou plus stressante, ou quelque chose comme ça, que d'autres semaines de tournoi. Mais voilà, techniquement, mentalement, physiquement, on travaille sur beaucoup de choses, que ce soit avec Richard ou avec Iain, ou avec mon préparateur physique. Ce sera un bon test lundi ou mardi pour savoir si toutes les améliorations apportées fonctionnent. Et si ça fonctionne, c'est très bien. Et si on a encore un peu du mal, on va retourner au travail pour rectifier ce qui n'a pas été et améliorer ce qui a été bien.
Je me demandais comment tu abordes la perspective de peut-être jouer un match en 5 sets. C'est un effort particulier. Est-ce quelque chose sur lequel vous avez travaillé à l'entraînement ? Mentalement, comment te projettes-tu dans ce combat forcément un peu particulier ?
C'est sûr, jouer un match en 5 sets, pour l'instant, ce n'est qu'à la télé que j'ai vu ça ! Mais après, le vivre, le travail à l'entraînement et le vivre en match, c'est quelque chose de différent j'ai envie de dire. Je l'ai travaillé à l'entraînement, bien sûr, pour arriver avec quelques repères au cas où cela arrive en match. Mais je pense que, physiquement, on verra si je vais réussir à tenir. Mais, encore une fois, je m'entraîne très dur pour ce genre de moments. Et si cela doit arriver et que cela doit arriver, eh bien, cela arrivera et je vais essayer de me battre le plus possible avec les armes que j'aurai ces jours-ci.
"Sourire, rigoler, prendre du plaisir sur le terrain, c'est pour ça que je fais ce sport"
Quelqu'un qui ne vous connaîtrait pas (il y en a encore un certain nombre), comment vous définiriez-vous comme joueur de tennis, points forts, points faibles ? Avez-vous déjà vu du public, en arrivant ici, qui vous a interpellé ? Ou bien vous êtes encore un peu incognito ?
Tennistiquement, j'ai beaucoup d'armes, que ce soit service, coup droit, revers, tout ce que vous pouvez imaginer. Dans un sens, on va dire que c'est un point fort. Mais oui, c'est clair, il faut continuer à améliorer ces points forts. Je ne suis pas parfait, je suis vraiment très loin d'être parfait. Mais c'est pour ça que l'entraînement est là !
Si vous dites que je suis incognito, c'est que je suis incognito. Je ne sais pas vraiment... Je ne sais pas vraiment si je suis connu, mais c'est sûr, j'espère que j'aurai beaucoup de force de la part du public pendant mon match. Je pense que c'est là le plus important. Et si en dehors, personne me connaît ou si tout le monde me connaît, je pense que je dois rester focus sur moi-même, sur mes objectifs. Et c'est là où ça va faire la différence.
Est-ce que c'est facile de savourer ce premier Roland-Garros, cette semaine avec le gratin du tennis mondial, parce que c'est votre première venue ? En même temps, vous êtes là pour gagner, gagner ce premier match, il y a pas mal d'attentes. Y a-t-il moyen de prendre du plaisir sur ce premier Roland, ou bien c'est un peu compliqué ?
C'est sûr, ce n'est pas vraiment facile. Comme je l'ai dit tout à l'heure, quand on est sur le terrain, on a tellement envie de bien faire, de gagner, on est tellement focus sur soi-même qu'on ne se rend même pas compte de la chance qu'on a, de pouvoir pour ma part jouer ce genre de tournoi aussi tôt. C'est sûr, je vais devoir bien sûr rester très concentré sur moi puisque j'ai envie de gagner le match, mais avoir aussi cette partie un peu de détachement, un peu de lâcher-prise, et prendre du recul sur ce que je ferai. Et vraiment sourire, rigoler, prendre du plaisir sur le terrain, c'est pour ça que je fais ce sport aussi, pour m'amuser, courir, m'arracher... Si finalement je ne prends pas de plaisir là, à Roland, où est-ce que je le ferais ? Voyez ! Mais j'espère que je vais vraiment réussir à avoir cela.
