Tennis. Roland-Garros - Ugo Humbert, méfiant avant Adrian Mannarino : "Un match piège..."
Par Alexandre HERCHEUX le 23/05/2026 à 14:51
Ugo Humbert arrive à Roland-Garros 2026 avec des repères et un discours bien plus apaisé sur la terre battue. Après une préparation jugée positive à Hambourg, avec “des bons matchs” et du temps passé sur le court, le Français assure se sentir bien physiquement avant de débuter Porte d’Auteuil. Son premier tour aura pourtant tout du piège : un duel 100% tricolore contre Adrian Mannarino, un joueur qu’il connaît “parfaitement” et qu’il refuse de prendre à la légère malgré le rapport compliqué de “Manna” avec l’ocre. Libéré de ses pépins de l’an passé, notamment au revers, Humbert veut ramener sa confiance sur le court et lancer fort son Roland, lui qui avoue désormais : “J’aime bien la terre battue.”
Vidéo - Ugo Humbert en conférence de presse avant Roland-Garros 2026
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"J'aime bien la terre battue"
Bonjour. Ugo, tu peux nous dire comment tu te sens déjà de manière assez large, avant d'entamer le tournoi ?
Je me sens bien. J'ai fait des bons matchs à Hambourg, une belle préparation, des matchs assez longs. Physiquement, ça m'a fait du bien pour me préparer pour ici. J'arrive là, je me sens bien.
Où tu en es avec ta relation avec la terre battue ? Tu nous avais dit l’an dernier : c'est fabuleux, mais ça ne va peut-être pas devenir ma meilleure surface. Où est-ce que tu en es sur le sujet ?
T'as l'impression que plus les années passent, plus tu es à l'aise dessus, ou ça reste toujours une surface que tu tolères sans plus ?
J'aime bien la terre battue. Les premières années, quand je suis arrivé sur le circuit, je disais que je n'aimais pas et que je n'avais pas forcément envie de jouer dessus. Là, je ne l'ai pas dit une fois. Je pense que ça va, j'aime bien la surface. Il n'y a rien de spécial à dire sur la terre.
Avec Gaël, on a eu de belles discussions qui m'ont fait avancer
Les premiers jours vont être assez chaud au niveau des températures. Comment tu gères cela ? De manière globale, comment vous appréhendez en tant que joueurs ce genre d’après-midi où il va faire très chaud ?
C'est bien, on a du beau temps à Paris, il va faire beau et chaud. Pour Roland, c'est bien aussi. Bien penser à bien s'hydrater, bien se nourrir aussi les jours avant. La nutrition joue un rôle important aussi là-dessus. Forcément, on va devoir peut-être puiser sur des matchs plus longs mais j'aime bien, donc ça ne me dérange pas plus que ça.
Un mot sur Gaël, je ne sais pas si tu as vu la soirée il y a 2 jours. Qu’est-ce qu’il te laissera comme souvenir ? C’est quoi un souvenir marquant que tu as eu avec lui au cours de sa carrière tellement riche d'anecdotes ?
Il y en a tellement avec Gaël. Je l’ai regardé jouer à la télé quand j'étais petit. Tous ses grands matchs que j'ai pu voir m’ont fait vibrer. Après, tous les moments que l'on a passés ensemble sur le circuit. J'ai eu la chance de le connaître un peu mieux. C'est une super personne. On a échangé pas mal de fois, on a eu de belles discussions aussi qui m'ont fait avancer. C'est surtout cela que je retiens de Gaël. C'est quelqu'un qui est aussi là pour les autres, cela fait plaisir parce que sur le circuit, ce n'est pas tout le temps.
As-tu déjà entendu quelqu'un dire du mal de Gaël ?
Non, jamais. Je crois que ce n'est jamais arrivé.
"On s'est joué beaucoup de fois, on se connaît parfaitement. Oui, ça va être un match piège"
Un mot sur ton premier tour. Tu connais ton adversaire ?
Oui.
Peut-on dire que c'est un premier tour piège dans la mesure où on sait que ce n'est pas sa surface favorite, mais il a un style de jeu tellement atypique que finalement, jouer un Français, en plus à Roland-Garros…
Oui, c'est un match assez spécial. On s'était joué il y a 2 ou 3 ans au premier tour à Roland. On s'est joué beaucoup de fois, on se connaît parfaitement. Oui, ça va être un match piège, pas du tout à prendre à la légère. Je vais essayer de jouer mon jeu, de faire ce que je fais de bien. Je trouve, les 2 dernières semaines, je me suis bien entraîné, j'ai fait des bons matchs, donc essayer de ramener cette confiance sur le court pour gagner le match contre Manna. Ce n'est pas facile de jouer un Français, surtout Manna que j’apprécie aussi beaucoup. Je pense qu'il ne sait pas qu’on se joue, il ne faut pas que je fasse de gaffe quand je le croise.
On sait qu'il n'aime pas du tout la terre. Cela se joue quand même dans l'avant match. On se dit que ce sera plus facile malgré tout.
Non.
Comment on arrive à sortir de cela ?
Je pense que ce n'est pas la façon dont il faut prendre le match, surtout pas Manna. C’est un super joueur. Il m'a battu cette année. Roland, c’est une terre battue un peu plus spéciale, qui va plus vite. Ce n'est pas un match si facile. Je pense que dans l'état d'esprit, c’est important d'y aller confiant forcément, mais y aller avec ses forces et essayer d’imposer son jeu. Je ne le prends pas du tout à la légère.
Il n'aime pas savoir le nom de son adversaire, comment on fait ?
Je fais comme si de rien n'était. Hier, mon coach physique a croisé son coach, il a dit : ne le lui dites pas si vous le croisez, ne faites pas la gaffe. Quand on s'est joué, à chaque fois on se croisait et je faisais comme si de rien n'était. Je le sais, je respecte cela.
Par rapport à l'an dernier, tu avais dû jouer la plupart sur terre avec des pépins physiques. Tu prends plus de plaisir, tu sens la différence de jouer plus libéré ? Au niveau physique, tu es à 100 % ou tu as encore un autre souci ?
Physiquement, je me sens bien, j'ai bien bossé. Je prends beaucoup plus de plaisir parce que l'année dernière je ne pouvais pas faire un revers. Sur terre, c'était compliqué. Je suis arrivé ici, je commençais tout juste à refaire des revers. Là, j'ai beaucoup plus apprécié la telle terre battue, ça n'a rien à voir.
Je me rappelle de ces fameux revers où tu lâchais des « aïe » à la fin du revers. Cela faisait de la peine à voir. Rétrospectivement, tu te dis que tu aurais mieux fait de ne pas les jouer ces matchs pour récupérer plus vite, ou il y avait aussi la pression des points à défendre ?
Non, il ne faut pas forcément revenir en arrière. J'ai voulu faire ce choix. Sur le moment, je pensais que c'était le bon. C'est assez drôle, parfois j'ai encore un peu mal au doigt le matin quand je me réveille. J'ai toujours un peu des douleurs. Le reste de la journée, ça va. C’est derrière moi, je n'y pense plus trop.
