Tennis. Roland-Garros - Daniil Medvedev sur Jannik Sinner : "Il peut tout gagner mais..."
Par Jeremy MARTIN le 22/05/2026 à 17:47
Daniil Medvedev, un candidat capable de faire trembler Jannik Sinner ? Le Russe arrive à Roland-Garros avec une certaine confiance après sa demi-finale face à l’Italien, au cours de laquelle il l’avait poussé dans ses retranchements. Ce n’est pas sa surface de prédilection pour le numéro 7 mondial, mais il a nettement progressé et aura son mot à dire Porte d’Auteuil. Présent à Paris en conférence de presse ce vendredi, Medvedev est notamment revenu sur sa bonne forme à Rome, ainsi que sur l’absence de Carlos Alcaraz.
Vidéo - Daniil Medvedev en conférence de presse ce vendredi à Roland-Garros
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Tu arrives après un tournoi très fort à Rome.
Je me sens bien, à Rome comme à Madrid d'ailleurs, les deux, mais encore mieux à Rome. J'ai bien joué, j'ai eu un bon jeu sur terre battue. J'attends avec impatience Roland-Garros, qui n'a pas toujours été mon meilleur tournoi, mais j'ai quand même réussi à avoir de bons résultats de temps en temps, je vais essayer d'avoir la même chose, et d'avoir de meilleurs résultats.
Tu as posé le plus de difficultés à Jannik SINNER qu'il n'en avait eu depuis longtemps. Quand on dit, est-ce qu'on peut battre Jannik, qu'est-ce que tu réponds ? C'est rare qu'il soit en difficulté, qu'est-ce que tu as à dire ?
C'est très difficile, tous les matchs, même cette année, il n'en a perdu que deux. La seule manière, c'est d'être au top de sa forme, en tout cas pendant trois sets, et même ici pendant plus. Il faut que tout soit au top ! Parce que lui, son jeu, il est toujours au top ! Ce que j'ai réussi à faire à Rome, notamment au deuxième set ; au troisième set, j'ai eu un break, et j'ai perdu avec un mauvais jeu. Ça n'a pas raté... S'il continue à jouer comme il joue, il peut tout gagner. Mais il y aura toujours quelqu'un de l'autre côté du filet qui essaiera de le battre. Je vais essayer d'y arriver. Je n'y suis arrivé qu'en demie... Mais voilà !
Tu es quelqu'un qui aime bien les échanges entre revers, un joueur de revers. Lui aussi est assez bon là-dedans. Qu'est-ce que c'est de faire ce type d'échange avec lui ? Que se passe-t-il dans ta tête, quand il y a ce type d'échange par rapport à d'autres joueurs qui n'aiment pas autant cela que lui ?
Si on le compare aux autres joueurs, la seule différence, c'est qu'à tout moment, Jannik peut décider d'aller de l'avant, de monter sur la ligne. Mais, il n'y a pas autant de joueurs que lui qui peuvent aller d'un côté à l'autre, sur la ligne, de le faire à chaque fois, et d'avoir un coup gagnant. Lui, il peut le faire. Si vous essayez de le prendre à contrepied, eh bien il va faire ce qu'il faut, il sera toujours là ! Ce n'est pas facile de jouer contre lui. Mais en même temps, je dirais que j'aime bien jouer contre lui. J'ai vraiment eu des matchs supers contre lui, même ceux que j'ai perdus. C'est un challenge difficile. J'essayerai toujours de gagner. Je sais que j'ai perdu beaucoup de matchs contre lui récemment, mais certains de peu. Et donc j'essayerai de faire toujours encore et encore mieux et d'y arriver, de le battre.
Si j'ai bien compris, tu fais partie de la protestation des joueurs. Aryna a dit que c'était facile de demander aux joueurs de faire moins de médias, mais on a aussi parlé du boycott. Les joueurs seraient-ils prêts à faire quelque chose qui leur ferait du mal et qui demanderait un sacrifice ? Vous auriez pu opter pour pas du tout de réunions avec les médias et de payer l'amende.
C'est difficile à dire, pour l'instant, on sait ce qu'on veut en tant que joueurs. C'est une bonne chose, parce que pour ma part, c'est la première fois depuis que je suis vraiment sur le circuit, que les joueurs essaient de parler d'une même voix. On ne veut pas se faire du mal ou faire du mal à qui que ce soit, léser qui que ce soit. On veut juste discuter avec les Grands Chelems qui ne sont pas assez prêts à discuter. Je ne pense pas que ce qu'on fait soit une mauvaise chose. On essaie. On va voir ce qui se passe. Il y a eu des progrès, notamment depuis que Jannik s'est exprimé à Rome. C'est important d'être entendu par les organisateurs de Grand Chelem.
Quelle différence cela fait d'arriver dans un tournoi comme celui-ci sans Carlos ? Je sais que tu as déjà gagné contre lui, mais cela en fait un plutôt que deux à battre !
Pour être honnête, pour moi, ça ne fait pas de différence.
Roland-Garros, je ne suis jamais arrivé en demi-finale ici... Alors je prends les matchs un par un. Si je joue en demi-finale et que je joue contre Jannik, que je sais qu'il n'y a pas Carlos, ça ne sera pas le même challenge.
Je joue mon premier tour, j'ai déjà perdu 6 fois au premier tour à Roland-Garros, alors voilà... Le fait que Carlos soit là ou pas ne change pas mon approche du tournoi. Peut-être, si j'arrive en demie ou en finale, je répondrai à votre question, et je dirai : « Oui, bon, d'accord, il n'est pas là, et ce sera peut-être plus facile... » Mais j'espère qu'il reviendra assez vite. Vite... On sait déjà qu'il ne joue pas à Wimbledon. On espère qu'il reviendra aussi vite que possible, compte tenu de ce qu'il a... Je ne sais pas ce qu'il a. Et qu'on se retrouvera sur le terrain et dans les vestiaires.
On sait que Novak ne s'est pas impliqué dans ces dernières discussions avec les organisateurs. Est-ce que cela fait mal que Novak, qui a toujours été le leader dans ces mouvements, ne s'y implique pas ?
Non, parce que j'ai toujours dit que chacun peut prendre sa décision. C'est déjà une bonne chose de pouvoir prendre sa décision pour soi-même. C'est la meilleure chose dans la vie.
Novak est assez expérimenté, assez mûr pour savoir ce qu'il veut et ne veut pas faire. Il a toujours été très actif. Il s'est toujours battu pour les joueurs dans différents mouvements, différentes choses. Et donc je ne pense pas que cela aille à l'encontre du message.
Je ne sais pas s'il est déjà venu au Media Day... S'il nous rencontre, je suis sûr qu'il nous dirait qu'il nous soutient, pas en étant dedans, pas avec ces décisions qui ont été prises, mais Novak a toujours soutenu les joueurs et tout le monde.
Carlos Alcaraz ne va pas jouer dans les deux plus gros Grands Chelems de l'été 2026. Il y a tout de même des blessures dangereuses. Par exemple, Dominic Thiem ne joue plus parce qu'il s'est blessé au poignet. Penses-tu que ces blessures peuvent être contrées en réduisant le côté physique de ce jeu ?
C'est difficile à dire, parce que chaque histoire est différente. Je ne sais pas si Carlos s'est fait mal pendant le match ou hors du court. On ne sait pas exactement ce qui s'est passé, d'ailleurs. C'est très difficile de répondre.
Ce que je peux vous dire de manière générale, c'est que si on arrive à trouver un moyen, comme dans la plupart des autres sports, de raccourcir la saison, peut-être de deux semaines ou d'un mois… Si après la saison on veut prendre trois semaines, ce n'est pas possible à l'heure actuelle. Par exemple, Turin, si vous n'y allez pas, vous allez sacrifier l'Open d'Australie... Si on arrivait à raccourcir la saison, je pense que ce serait une bonne chose pour les joueurs.
Et pour m'étendre là-dessus, je pense que même si cela veut dire gagner moins d'argent parce qu'il y a moins de tournois, je pense que la plupart des joueurs seraient d'accord. On en a parlé dans les vestiaires. Mais la discussion est longue. À mon avis, ce serait peut-être une manière de réduire les blessures.
